Il va falloir se retrousser les manches chez Audi ! En effet, la RS6 est le plus anciennes des trois ogives nucléaires allemandes. La future BMW M5 ? Un minimum de 600 chevaux. Cette Mercedes-AMG E63 S ? 612 chevaux et… 850 Nm. De quoi faire fondre le tarmac…

Wim Bervoets
Expert VROOM
10/07/2017
4,1
Score VROOM
5
4,5
4
3
4
5
3
4

Points positifs et négatifs

  • Adhérence phénoménale
  • Performances
  • Sonorité fantastique
  • Super-sportive utilisable au quotidien
  • Confort avec les jantes de 20 pouces
  • Consommation
  • Poids
  • Rayon de braquage de camion

Certes, soyons honnêtes : il ne s’agit pas de la première version AMG de la Classe E : en effet, il existe déjà une E43 qui sert de ticket d’entrée. Celle-ci, avec son V6 biturbo de 3 litres, délivre 401 chevaux et 520 Nm de couple. Considérez donc ce modèle comme la réponse étoilée aux Audi S6 et BMW M550i.

Mais si vous désirez quelque chose de vraiment brutal, cette E63 AMG est pour vous. Si, dans sa version classique, elle ne délivre que 571 chevaux et 570 Nm, il existe une version « S » qui relève ces curseurs jusqu’à dépasser la barre magique des 600 chevaux.

Que retrouvons-nous sous le capot ?

Un V8 de 4 litres, le même que celui de la Classe C AMG et du coupé AMG GT. Il s’offre ici aussi, les services de deux turbos, mais il produit la puissance colossale de 612 ch (entre 5.750 et 6.500 tr/min) et un couple tectonique de 850 Nm (entre 2.500 et 4.500 tr/min).

Comment tout ceci se traduit-il en matière de prestations ?

Vous en attendez des chronos éclairs ? Le 0 à 100 km/h est exécuté en moins de temps qu’il ne vous en faut pour prononcer « Mercedes-AMG E63 S » : 3,4 secondes. Pas mal pour une voiture accusant près de deux tonnes. La vitesse maximale est limitée électroniquement à 250 km/h, mais grâce au AMG Driver’s Pack, celle-ci peut être relevée à 300 km/h. Et la puissance, comment est-elle transmise sur le sol ? Via la transmission intégrale 4MATIC+ et la boîte automatique 9G-Tronic Plus à 9 rapports.

Qu’en est-il du grip ?

Celui-ci est réellement impressionnant : à aucun moment, vous ne ressentez l’impression de conduire une voiture peu stable. Si vous arrivez avec beaucoup d’optimisme sur un virage, la Mercedes saura néanmoins contrôler la situation. En clair, les limites de la voiture sont plus éloignées que celle du conducteur.

Délivre-t-elle quand même du plaisir ?

Bien sûr, il est toujours possible de « brûler du pneu » ! Si vous sélectionnez le mode « Race » plutôt que « Sport + » sur le « Dynamic Select », que vous optez pour un changement manuel des rapports et que vous désarmez le contrôle de traction, alors cette E63 S AMG n’envoie sa puissance que vers les roues arrière. Reste à savoir si cela constitue une bonne idée pour une voiture de près de deux tonnes, de 612 ch et de 850 Nm de couple… Cette E63 S a donc une primeur dans le segment : BMW vient d’annoncer que lui aussi, équiperait sa M5 d’une transmission intégrale débrayable.

Est-il possible de rester discret ?

Oui, bien entendu. Plus que jamais, même. Le mode « Comfort » est le mode par défaut et le V8 paraît alors parfaitement insonorisé, alors que la boîte change rapidement et souplement de rapports à bas régimes. Pour diminuer la consommation, le V8 ne tourne d’ailleurs que sur la moitié de ses cylindres à faibles charges. Le confort profite de plus de la suspension pneumatique, même si les jantes de 20 pouces percutent encore sur certaines irrégularités.

Et en conduite sportive ?

Il faut bien entendu que les conditions soient réunies. Ce qui est évidemment rare chez nous, surtout en Flandre : le plein potentiel de la E63 S ne peut être exploité que sur une autoroute allemande ou sur un circuit. Tout simplement parce que les limites sont très reculées et parce que la voiture accuse 5 mètres en longueur ! Les accélérations sont redoutables, le moteur reprend vigoureusement à tous les régimes et l’échappement laisse échapper des sonorités qui sont plus qu’impressionnantes. Le châssis, comme déjà expliqué, est étonnant d’adhérence, y compris à des vitesses exagérées.

Que dois-je encore savoir ?

Que cette E63 S est aussi confortable, luxueuse et sûre que n’importe quelle autre Classe E. Notre modèle d’essai était par exemple, équipé de l’aide au parking, de la reconnaissance des panneaux de signalisation, du régulateur de vitesse adaptatif, de l’assistant de conduite dans les files, du toit panoramique, de la suspension pneumatique, de la stéréo Burmester, etc. Enfin, le style reste encore discret : la calandre spécifique, les prises d’air agrandies sur les pare-chocs et les échappements sont naturellement des indices du niveau de performances, mais le tout reste malgré tout raisonnable.

Combien coûte-t-elle ?

La Mercedes-AMG E63 est au catalogue à partir de 117.854 €. C’est le prix de la version de 571 ch. La E63S de 612 chevaux réclame 127.897 €. Les prix de la future M5 ne sont pas encore connus, mais l’Audi RS6 affiche une carte tarifaire similaire : 116.410 € pour la RS6 Avant (560 ch) et 123.210 € pour la RS6 Avant Performance (605 ch). A la pompe, la E63 S n’est cependant pas la meilleure des élèves : nous avons enregistré une moyenne de 14,6 l/100 km.

En conclusion ?

La Mercedes-AMG E63 S est au sommet de la gamme des Classe E AMG. Et ce n’est pas par hasard : sa puissance colossale est synonyme de performances éclatantes et sa transmission intégrale assure un comportement hyper sûr. Mais ne l’oubliez pas : cette E63 S sait aussi se montrer terriblement vivante. Il s’agit donc bien plus qu’une dévoreuse d’Autobahn, ce que son tarif laisse supposer.

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