Et ça se confirme une fois encore ! Comme Renault avec ses Espace et Scenic, Peugeot abandonne le style, devenu has-been, du monospace au profit de celui, bien plus valorisant, du SUV, un style qui cartonne aujourd'hui d'un bout à l'autre de la planète! Et comme Peugeot aimerait aborder de nouveaux marchés, ça tombe bien…

Bruno Wouters
Expert VROOM
07/03/2017

Points positifs et négatifs

  • Comportement routier de premier ordre
  • Confort préservé
  • Habitacle joliment dessiné
  • Moteur essence 1.2 convaincant
  • Impasse sur la transmission intégrale
  • Places dans le coffre modérément accueillantes
  • Sonorité du 1.2 parfois envahissante

Un 5008 chasse l'autre, et le nouveau ne doit guère à l'ancien que son sacré numéro, et son positionnement sur le segment C. Pour le constructeur français, les objectifs sont clairs et assumés : monter en gamme, viser un succès international et se positionner avec ambition comme leader du SUV sept places du segment C ! Vingt-six millions de SUV vendus en 2016, dont quatre millions pour le seul marché européen, on comprend qu'un tel gâteau suscite bien des convoitises.

Peugeot focalise sur le genre avec pas moins de cinq SUV dorénavant dans sa gamme: le 3008, meilleur lancement depuis la 206 (!) et meilleure vente en France, prouve la justesse de l'abandon du monospace en faveur du SUV ! Pas de discussion, avec les ambitions mondiales que porte Peugeot à son nouveau modèle, le nouveau 5008 sera un SUV, et le modèle commercialisé sera identique pour tous les continents, avec deux sites de production : la Chine pour le marché local, et l'usine de Rennes pour le reste du monde.

Logeable, le SUV !

Le 5008 à son tour donc, saute le pas et s'en donne les moyens : avec un empattement de 284 cm, il ne devrait avoir aucun mal à se montrer accueillant envers ses passagers, tout en veillant à ne pas se montrer trop encombrant: 464 cm, soit 11 de plus que l'ancien 5008, et 19 cm de plus que le nouveau 3008 dont il dérive étroitement. Du monospace, il garde toutefois la capacité d'accueil de sept personnes, sur trois rangs, et reprend la formule consacrée des trois sièges indépendants identiques et réglable tant en longueur qu'en inclinaison, derrière lesquels se nichent deux sièges escamotables (mais aussi extractibles, et ne pesant que 11 kg par siège) formant le rang trois.

Aspects pratiques dignes d'un monospace encore, avec le dossier du siège passager avant rabattable permettant le transport d'objets de 320 cm de long. La capacité du coffre, 700 litres, est portée à 780 litres (soit 100 de plus que l'ancien 5008), sièges du troisième rang déposé. Et le style SUV ne pénalise en rien l'habitabilité: +11 mm en largeur aux coudes à l'avant, +60 mm aux genoux pour les passagers arrières, et même +21 mm en hauteur sous pavillon pour le troisième rang ! Bienfait de la modernité, la plateforme EMP2, partagée avec la 308 et la 3008, allège dans la foulée le 5008 de près de 100 kg.

i-Cockpit

Peugeot persiste avec son i-Cockpit, parfois fortement décrié. En résumé, un volant minuscule de voiture de course et un combiné instruments "tête haute" qui se regarde par-dessus le volant, et non au travers. Personnellement, ça me convient parfaitement, tant pour la position de conduite que pour la lecture du combiné. Lors de mon essai précédent, une allemande réputée, j'avais au choix le haut du combiné caché par la jante du volant, ou le volant désagréablement trop haut pour rendre la conduite agréable…

Le combiné principal abandonne, dès le premier niveau de finition, les classiques instruments pour une dalle numérique de 12,3 pouces. En position centrale un écran capacitif de huit pouces, complété de très belles touches piano d'aspect métal pour accéder directement à certaines fonctions. Léger et inspiré, le tableau de bord, qui se prolonge sur les contreportes, participe à l'agrément de la vie à bord et à la sensation de qualité perçue. Du beau travail, qui tranche avec le sinistre classicisme qui règne souvent en maître ailleurs!

De série ou en option, le 5008 ne se montre pas avare d'équipements: toit ouvrant panoramique, sièges chauffants et massants, système hifi Focal, 38 litres de rangement dispersés dans l'habitacle, zone de recharge à induction pour smartphone, plancher plat sièges rabattus, hayon mains-libres, éclairage full LEDs…

ADAS

Pas en reste non plus côté ADAS (Advanced Driver Assistance Systems): Contrôle de traction réglable sur cinq modes d'adhérence et aide à la descente améliorant les capacités hors bitume d'un SUV uniquement disponible en deux roues motrices, freinage automatique d'urgence avec alerte de risque de collision, alerte active de franchissement de ligne, alerte d'attention du conducteur, commutation automatique des feux de route, reconnaissance des panneaux routiers, régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop, surveillance d'angle mort, assistance au parking et vision à 360°…

La connectivité n'est pas oubliée: fonction "Mirror Screen" compatible Android et Apple, navigation 3D connectée avec TomTom Traffic, reconnaissance vocale, pack Peugeot Connect (navigation, SOS & Assistance, maintenance)…

De nombreuses offres sont disponibles sous le capot, toutes estampillées Euro6.1, tant essence que diesel: 1.2 L PureTech 130ch et 1.6 L THP 165ch en essence, 1.6 L BlueHDi 100 et 120ch, 2.0 L BlueHDi 150 et 180ch en diesel. Après, il y a encore de la boîte mécanique ou automatique, et les rejets oscillent entre 105 et 133g de CO2 par kilomètre parcouru. Différents niveaux de finition enrichissent l'équipement, variant aussi en fonction de la motorisation choisie: Access, Active, Allure, GT Line et GT.

Efficace, le SUV !

Ne participant guère à l'enthousiasme général qui porte à privilégier dans la plupart des cas un style, souvent prétentieux et m'as-tu-vu, au détriment de qualités routières généralement moins convaincantes, j'avoue avoir révisé mon jugement à l'emporte-pièce au terme de la prise en mains de ce nouveau 5008. Certes, du SUV, il en possède les attributs esthétiques, avec toutefois une certaine touche de classe qui se confirme encore dans le dessin de l'habitacle, très réussi. Est-ce la vertu du i-Cockpit et du talent des ingénieurs châssis de la marque au lion? Le 5008 se révèle sacrément efficace sur les routes pourtant exigeantes que nous avons parcourues, sans se départir d'un confort de bon aloi.

Mieux, nous avons été ravis d'avoir principalement jeté notre dévolu sur la petite motorisation essence 1.2 L PureTech S&S EAT6, comme il est écrit sur la fiche, soit le vaillant trois cylindres de 130ch, accolé à la boîte automatique à six rapports. Trois robustes gaillards dans la voiture n'ont pas entamé son enthousiasme. Ce petit moteur suffit amplement à la tâche dans tous les cas de figure, et participe à l'agilité du 5008. Savez-vous que le choix du 2.0 L diesel implique un surpoids de 213kg, principalement sur le train avant?

Seul bémol, si à vitesse constante le trois cylindres sait se montrer discret, il crépite plus joyeusement à l'accélération. Il se marie assez bien avec la boîte auto à six rapports, dont le passage des vitesses évoque presque une boîte robotisée. En usage un peu enlevé, le mode "Sport" sur la console et quelques actions sur les palettes au volant permettent d'en tirer un meilleur parti! Le 5008 avec le petit moteur essence plutôt qu'un lourd diesel? Et pourquoi pas?

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