Essais

Citroën C4 Grand Picasso: Voyages, je vous aime!

Un irrépressible besoin de trimballer un amas de pièces à l'autre bout de la France et un goût certain pour la découverte d'un pays à l'ancienne, par les petites routes, nous a fait partager la vie d'un C4 Grand Picasso sur près de 3.000 km. Sages, nous nous sommes contentés de la motorisation e-HDi 1.6 L de 115 ch. Douillets, nous avons privilégié la finition la plus richement dotée, baptisée Exclusive. 

  • Wouters Bruno
  • 06 novembre 2014
  • Citroen
  • 324 vues
Avantages et inconvénients

      Apparu il y a à peine un an, le nouveau Grand Picasso bénéficie de la récente plateforme modulable EMP2 du groupe PSA. Le grand mérite de celle-ci réside, outre un substantiel gain de poids, dans la réduction des porte-à-faux, tout bénéfice pour l'habitabilité et le dynamisme du profil. Sur une longueur de 4,60 mètres, à peu de choses près identique à celle de la génération précédente, l'empattement gagne 11 cm!

      L'espace dévolu aux passagers du deuxième rang en sort gagnant, avec une assise pouvant coulisser sur 15 cm. N'envisagez pas le troisième rang autrement qu'en dépannage: l'espace y reste mesuré, même si l'accès y est intelligemment pensé. Et de toutes manières, la capacité du coffre se réduit alors à la portion congrue. Autobus ou tapissière, il faut choisir! Cette fois-ci, nous privilégierons le mode tapissière, en rabattant tous les sièges pour obtenir un vaste plancher plat.

      La mode des sièges repliables est facile: on ne se casse plus le dos à sortir les sièges de la voiture, on ne "bouffe" pas la moitié du garage à les stocker. Il n'empêche, le volume de chargement se limite sérieusement en hauteur. Le beurre ou l'argent du beurre… Pas de problème dans notre cas: tout notre bric-à-brac trouve aisément place dans les 1843 litres ainsi libérés!

      Un petit faubourg de Vence

      Direction le sud, mais fi des autoroutes! C'est pratique, rapide, mais cher, abrutissant et ennuyeux. Non, nous, notre truc, c'est le voyage à l'ancienne, le charme des départementales, les paysages qui se renouvellent, les improbables villages comme figés dans le temps… Nous piquons vers Valenciennes, direction Soissons, l'occasion de découvrir Matisse dans sa ville natale, Le Cateau-Cambrésis, de jeter un œil sur les ruines de Coucy-le-Château. La richesse de Soissons justifie d'y passer un moment, tout comme Château-Thierry, Troyes, ou Vézelay.

      Le C4 Grand Picasso se révèle un agréable compagnon de route. Sa ligne, joliment dessinée, évite l'écueil d'un design surchargé, mais réussit grâce à quelques audaces à s'éloigner du style insipide de certaines concurrentes moins inspirées. Cet excellent labeur des designers se complète d'un intelligent travail des surfaces vitrées, avec un pare-brise panoramique idéal pour profiter de l'environnement, un toit vitré qui profitera aux passagers, mais surtout deux fins montants de pare-brise dégageant complètement le champ de vision, une solution autrement plus agréable que les monstrueux piliers "A" qui sont devenus notre ordinaire.

      Après un demi millier de kilomètres parcourus, nous faisons étape à Moulins, parfum de nostalgie sur la mythique Nationale 7 qui fait de Paris un petit faubourg de Valence et la banlieue de Saint-Paul de Vence, pour paraphraser Charles Trenet!

      Rapport de pont

      Nous reprenons la route le lendemain par Vichy, à l'histoire chargée, puis Thiers, capitale du couteau, avec encore une centaine d'entreprises de coutellerie et un passionnant musée consacré à cette industrie vieille de plus de six cents ans! Ambert, La Chaise-Dieu, Le Puy-en-Velay, Alès, avec un petit goût de Cévennes, avant de piquer sur Uzès, d'admirer le pont du Gard et de nous diriger sur Avignon, cité des papes et porte d'entrée du Vaucluse.

      Le C4 a trouvé un terrain de jeu à sa mesure, nous offrant, on l'a vu, des vues panoramiques sur les sites traversés, mais démontrant aussi l'excellent tempérament de son bloc 1.6 L. Certes plus modeste que le 2.0 L de 150 ch, il se révèle particulièrement agréable à l'usage. Onctueux et discret, il n'envahit pas l'habitacle, mais possède suffisamment d'allant pour mouvoir sans frustration le monovolume.

      Seule la transmission, au maniement irréprochable, le trahit en l'étouffant de ses rapports trop longs. En sixième à 90 km/h, le régime n'atteint pas les 1.500 trs/min, régime auquel le turbocompresseur reste hélas coi. Au moindre faux-plat, le C4 s'effondre, et il faudra rentrer un ou deux rapports pour obtenir une relance. Ces boîtes longues comme un jour sans pain permettent sans doute d'excellents chiffres d'homologation. Pour l'agrément, passez votre chemin!

      Où est le temps où l'acheteur pouvait choisir le rapport de pont de sa voiture au moment de la signature du bon de commande… Dix sur dix par contre pour le Start&Stop, très réactif mais complètement transparent.

      Mini Moke

      Longeant le Lubéron, nous arrivons enfin à Aix-en-Provence, d'où nous pousserons une pointe jusqu'à La Ciotat, dont la gare servit de décor à un des tous premiers films de l'histoire, réalisé en 1895 par les frères Lumière qui y possédaient une villa. La ville peut d'ailleurs encore s'enorgueillir de posséder le plus vieux cinéma encore existant sur la planète, inauguré en 1899!

      On raconte que c'est ici aussi que fut inventé le jeu de la pétanque. Ca tombe bien, nous voici au terme de notre périple, une petite visite chez Moke And Co, un spécialiste de la Mini Moke situé… rue de la pétanque! Cette sympathique petite voiture de plage née en 1964 aurait pu mourir en 1993 lorsque la chaîne de montage s'arrêta. Mais la passion reste la plus forte et les légendes ne meurent pas, grâce à des enseignes comme celle-ci!

      Il est temps de penser au retour, et après avoir un peu flâné dans Marseille à la découverte de la Cité radieuse du Corbusier, goûté à l'architecture originale du Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCEM), contemporain de notre Grand Picasso (2013), nous nous attardons encore un dernier moment dans les villages qui bordent les contreforts du Grand Lubéron, pour remonter ensuite sur Orange.

      Le Morvan

      Nous apprécions décidément l'agrément du lumineux habitacle du C4, avec ses ajustages soignés qui n'engendrent aucun bruit mobilier. Le gabarit du monovolume n'échappe toutefois pas à une certaine sensibilité au vent latéral.

      Nous tirons ensuite sur Aubenas puis Roanne par les plus petites routes, laissant Saint-Etienne sur notre droite. Les départementales de l'Ardèche ne nous donneront guère l'occasion d'user du régulateur de vitesse et c'est tant mieux. Bien qu'adaptatif, il a régulièrement du mal à maintenir la vitesse définie en descente: à vous de faire le boulot pour ne pas obtenir de la maréchaussée une photo-souvenir chèrement payée…

      Nous nous régalons par contre avec le petit volant réglable tombant idéalement sous la main. Nous n'en dirons pas autant des sièges, décevants à la longue avec une assise trop peu inclinée vers l'arrière, alors que la fonction de massage se résume à la variation du seul réglage électrique: le soutien lombaire. Bof bof…

      D'accord, le Grand Picasso n'a pas été taillé pour des spéciales de rallye, mais ses prestations lors de la traversée du Morvan nous ont fait regretter de ne pas disposer de sièges mieux dessinés et au maintien latéral plus rigoureux.

      Notre C4 s'inscrit parfaitement en virages, virant bien à plat sans prise de roulis, l'empattement rallongé préserve la stabilité et le confort, le mordant des freins nous ravit. Le moteur ne s'en tire pas trop mal, à la condition de jouer de la boîte et de ne pas hésiter à repasser la première en sortie de virage serré. L'invitation au voyage ne se transforme pas en calvaire!

      Boutons ou écran?

      Les kilomètres s'accumulent au compteur et nous continuons notre méthodique remontée: Paray-Le-Monial et sa basilique, Château-Chinon, le fief de feu François Mitterrand, Noyers, Tonnerre, Romilly-sur-Seine, Montmirail, Château-Thierry… La France profonde semble nous appartenir, les départementales désertes s'offrent à nous, préservées de la modernité, de la circulation, des grand-routes, des zones commerciales, et même des restaurants ou des pompes à carburant. Le Picasso se contente heureusement de 5,5 L/100km depuis notre départ, ce qui nous octroie une autonomie théorique d'un millier de kilomètres. No stress!

      Direction Soissons, Saint Quentin, Cambrai, un environnement plus connu, des régions plus fréquentées, le moment de faire le point sur l'ergonomie du tableau de bord. Alors, le tout à l'écran, ou le tout aux boutons? A force d'enrichir les équipements, les constructeurs commencent doucement à se trouver dans l'impasse: soit ils multiplient les commandes, soit ils passent par un écran, de plus en plus souvent tactile, et une arborescence de menus.

      Citroën a choisi les boutons sur le volant (et il y en a un paquet!) et l'écran tactile qui commande (moyennant des touches plus ou moins sensitives!) la climatisation, le multimédia, le GPS, le téléphone, les services connectés et les réglages divers. Pas toujours intuitif, jamais très rapide ou immédiat.

      Cet écran de sept pouces, placé un peu trop en dehors du champ de vision, est complété d'un grand écran de douze pouces offrant plusieurs formes d'affichage. On y retrouve le compteur de vitesse, le compte-tours, les infos de l'ordinateur de bord et du GPS. Rien à dire: beau et lisible, mais aussi anecdotique avec la possibilité d'y afficher la photo de votre choix…

      La randonnée s'achève, il est temps pour nous de ramener le Grand Picasso et de tirer le bilan de notre expérience, très positive. Joliment dessiné et bien fini, le grand C4 possède d'indéniables qualités routières. Avec un habitacle agréable à vivre et un confort qui ne pêche que par un dessin de sièges perfectible sur longs trajets, il invite aux voyages, que le bloc 1.6 L assumera avec brio!

      Lire plus:

      À propos de l'auteur : Wouters Bruno Bruno Wouters collabore avec Vroom depuis 2005. Tant qu’il y a des roues et un moteur, c’est un homme heureux.
      Et s’il apprécie les progrès technologiques, rien ne le lui plaît plus que de parcourir les routes de campagne au volant d’une Morgan ou d’une moto, pour les sensations!
      Photos ©: Bruno Wouters. Source ©: Citroën.

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