Essais

la variante baroudeur

Une Volvo break, c’est dans l’inconscient collectif, l’arme absolue pour parcourir les brocantes ou pour tracter une caravane. Sans doute pas l’image automobile la plus glamour… Pour tenter d’échapper à ce stéréotype, Volvo a donné quelques extensions en plastique explicites à sa V70, dans le but avoué d’en faire un « tout chemin ». Nous voici déjà à la deuxième mouture de cette variante au look de baroudeur accompli.
  • Piette François
  • 27 mars 2008
  • Volvo
  • 2 121 vues
Avantages et inconvénients
  • Aptitudes au tout-chemin
  • D5 performant
  • Equipement complet et à la pointe
  • Ergonomie
  • Finition
  • Prix avantageux
  • Sécurité active et passive
  • Boîte auto à la gestion dépassée
  • Comportement un peu pataud
  • Consommation (3.2 l)

 

Présentation

Une XC70 se remarque immédiatement à ses protections en plastique et à sa garde au sol rehaussée. Les attributs esthétiques de cette version sont là pour annoncer la couleur : finie la chasse aux bibelots dans les foires du coin, place à l’aventure hors des sentiers battus ! Pour preuve, la transmission se fait d’office aux quatre roues et une assistance au freinage lors d’une descente (Hill Descent Control) est fournie de série. Bref, voilà tout un attirail explicite ! Ceci ne cache cependant pas les lignes droites et anguleuses de ce break. De formes aux arrondis sculptés, il n’en est ici point question ! Moins sensuelle que l’Audi A6 Allroad, sa principale concurrente, cette Volvo présente un aspect robuste qui semble défier l’usure du temps !

Motorisations

Ce sont deux motorisations que nous avons soumises à l’essai, à savoir une diesel (D5) et une essence (3.2). Commençons par la première, qui s’équipe du maintenant bien connu 5 cylindres diesel « fait maison ». Cubant 2,4 l, il fournit dans cette version D5, 185 chevaux et un couple de 400 Nm à 2.000 tr/min. Notre exemplaire état doté de la boîte automatique Geartronic à 6 rapports, mais une boîte manuelle comportant également 6 rapports est livrée de série.

De couple et de disponibilité, ce moteur n’en manque pas. Particulièrement plein, ses reprises à mi-régime sont confortables, ce qui en fait la mouture idéale pour… tracter une caravane ! Trêve d’ironie mal placée, l’ensemble motopropulseur se révèle donc agréable même si l’on note un petit grief : la boîte automatique, à la gestion franchement désuète : pas de maintien de rapport au lever de pied, pas plus que de rétrogradages au freinage ! De plus, elle patine joyeusement dans son bain d’huile, ce qui ne la rend pas des plus réactives. Heureusement, le moteur diesel au couple abondant, permet de limiter les dégâts !

Vient maintenant le cas du six cylindres en ligne essence de 3.2 l. Avec une puissance de 238 chevaux, il ne bat pas des records de puissance spécifique. En revanche, il présente une bonne valeur de couple pour sa cylindrée (100 Nm/l), en développant 320 Nm à 3.200 tr/min. Sur la route, on n’y trouve pas entièrement son compte. Certes, en cherchant le kick-down, le moteur file vers la zone rouge dans une sonorité sportive, mais il manque de coffre en bas du compte-tours. Ce n’est pas tant le moteur que la boîte qui grève le plaisir de conduite. Exclusivement automatique, elle présente la même gestion dépassée que sur la version diesel. Un défaut qui est ici accentué par le couple plus faible à bas régimes. Mais il lui reste la finesse de son fonctionnement, son équilibre naturel (à mille lieux du D5) et la bande son qu’il joue avec raffinement.

En ce qui concerne les consommations, le diesel s’en sort logiquement bien mieux que l’essence, même s’il ne bat pas des records de sobriété pour autant. Il faudra compter une moyenne de 10,5 l/100 km pour la D5 et de… 14 l/100 km pour la 3.2 l. En termes d’émissions de CO2, cela se traduit par des valeurs de respectivement 219 et 272 gr/km.

Tenue de route

Bien sûr, tout-chemin ne veut pas dire tout-terrain, même si la Volvo se débrouille plutôt bien dans les contrées parfois inhospitalières de l’arrière-pays ! A noter qu’elle s’équipe du « Hill Descent Control », qui permet de ne pas dévaler les pentes sévères en limitant la vitesse du véhicule. De retour sur la route, la Volvo ne déçoit pas et fait preuve d’un comportement sain et sûr. Elle se montrera toutefois moins dynamique et agile qu’une Audi Allroad, certes plus chère et sans doute, moins compétente hors des sentiers battus.

Confort

Si la qualité de la sellerie est une spécialité suédoise, on pourra tout de même reprocher aux sièges en cuir de nos exemplaires de ne pas maintenir suffisamment le corps. De même, la position de conduite est bonne, sans être au niveau de sa concurrente germanique, qui autorise plus d’amplitude dans les réglages. L’habitabilité ne pause évidemment aucun problème lorsqu’il s’agit de caser quatre adultes. Pour accueillir le cinquième, la place centrale ne se montre en revanche, pas des plus confortables…

Pour en revenir au stéréotype, cette Volvo est une excellente voiture de déménageurs : en atteste son volume de chargement, pouvant grimper jusque 1.600 litres, banquette arrière rabattue ! Banquette fixe, cette valeur descend à 575 litres. Pas mal, me direz-vous, mais une Audi A6 Allroad fait encore mieux, avec des valeurs allant de 565 à 1.660 litres ! A noter que la forme parfaitement cubique du coffre de la Suédoise facilite d’autant le chargement.

Le confort climatique est assuré par une excellente climatisation automatique, qui fonctionne en silence et sans générer de courants d’air désagréables. Enfin l’insonorisation est au niveau du standing de la voiture. Seuls les moteurs peuvent se montrer plus sonores en charge, en particulier le diesel, à la voix de baryton plus sonore que le timbre raffiné du six cylindres essence.

Enfin, la finition est d’excellente facture. Une Volvo est un produit sérieusement construit et la qualité de fabrication est quasiment irréprochable. Quant à l’ergonomie, qui est également une spécialité suédoise, elle ne mérite que des louanges : les commandes sont claires et chaque bouton a une fonction précise. Voilà qui est intuitif et évite les nuits blanches à chiner dans son mode d’emploi pour comprendre le fonctionnement de la navigation ou de la radio !

Tarifs et équipement

Les tarifs démarrent à 40.900 € pour un XC70 2.4D 163 chevaux. Pour la D5 et ses 185 chevaux, rajoutez 700 €. Enfin, la version essence 3.2 est affichée à 44.500 €. Ces prix concernent la finition Kinetic, à savoir celle « de base ». L’équipement de cette version est correct, surtout en ce qui concerne les éléments de sécurité. Avec Volvo, on ne badine pas sur ce sujet ! Assistance au freinage d’urgence, répartition de la force de freinage en virage, préparation des freins à un freinage d’urgence lorsque l’accélérateur est relâché soudainement, airbags dans tous les sens, fonction d’avertissement lors d’un freinage brusque, fixations Isofix,… Voilà qui est complet ! Pour ce qui touche au confort, Volvo offre le cruise control, l’ordinateur de bord, la climatisation automatique avec filtre actif, trois prises 12V, une radio CD avec 6 haut-parleurs et prise auxiliaire, le volant avec commandes audio intégrées,… La finition Momentum, plus onéreuse de 2.450 €, rajoute le cuir, le radar de recul arrière, le hayon motorisé, le rétroviseur intérieur anti-éblouissement, le détecteur de pluie, les rétroviseurs extérieurs rabattables électriquement et un fixe-sacs à provision. Enfin, si cela n’est pas encore assez, la finition Summum, qui augmente la note finale de 5.100 € face à la Kinetic, ajoute les incrustations bois, les sièges avant chauffants, les jantes alliage en 17 pouces (au lieu de 16), les phares bi-Xénon directionnels, le siège conducteur électrique avec mémoire, les gicleurs de lave-glace chauffants ainsi que quelques inserts décoratifs…

Parmi les options intéressantes, notons le BLIS (qui indique par un voyant lorsqu’une voiture se trouve dans l’angle mort) à 600 €, le crochet de remorque amovible à 765 €, le Collision Waring et l’Adaptive Cruise Control (système basé sur la technologie radar et caméra, avec fonction d’avertissement en cas de risque de collision, fonction de support au freinage et régulateur de vitesse intelligent) à 1.850 €, le chauffage de l’habitacle au parking à 1.240 € et… le porte-lunettes pour la place conducteur à 40 € !

Des tarifs très concurrentiels face à ceux de l’Audi Allroad, dont les tarifs démarrent à 51.310 € pour le 2.7 V6 TDI de 163 chevaux avec boîte Tiptronic et grimpent à 53.670 € pour la 3.2 V6 essence en boîte manuelle.

Conclusion

Dans la catégorie des véhicules tout chemin, cette XC70 se distingue par son rapport prix/équipement, sa conception sérieuse et ses aptitudes à réellement crapahuter hors des sentiers battus ! Mais pour qui ne se sent pas transporté par le look baroudeur de cette version, voire par les capacités en hors piste, autant se tourner vers la V70 classique, tout aussi agréable et d’environ 3.500 € moins chère !

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À propos de l'auteur : Piette François
Photos ©: François Piette. Source ©: Volvo.

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