Essais

Land Rover Defender P400e vs Jeep Wrangler 4xe : aventuriers « verts » ?

Tout le monde passe par la case électrification, même les plus extrêmes des franchisseurs. Alors, 4x4 et hybridation rechargeable, est-ce un cocktail vraiment gagnant ?

  • Vanhouche  Sébastien Vanhouche Sébastien
  • 26 avril 2022
  • Land Rover
Land Rover Defender
  • Facilité d’utilisation
  • Capacités en électrique
  • Autonomie électrique
  • Prix
  • Consommation en hybride
Jeep Wrangler 4xe
  • Capacités tout-terrain
  • Charisme
  • Carrosserie « démontable »
  • Insonorisation
  • Autonomie électrique

Certains véhicules haut sur pattes ont délaissé leur capacités de tout-terrain pour se concentrer sur leur look et confort. D’autres sont toujours de véritables 4x4 qui n’ont pas peur de sortir des sentiers battus. Et heureusement ! Car en plein mois d’avril, la neige (fondante) a décidé de se faire l’invitée surprise de ce duel entre le Land Rover Defender et le Jeep Wrangler. Tous deux sont récemment devenus plus « verts » grâce à l’ajout d’une motorisation hybride rechargeable dans leur gamme. Ce qui ne les empêche pas de rester parfaitement adaptées à ces conditions « dantesques ».


Pas simple de différencier nos deux versions « à prise » de leurs collègues équipés simplement d’un moteur thermique. Côté Anglais, seule la trappe présente de part et d’autre du véhicule et le petit « e » au bout de sa dénomination permettent de le distinguer. De l’autre côté de l’Atlantique, on joue sur des détails bleus ainsi qu’une prise plus visible logée sur le haut de l’aile avant gauche pour faire savoir que ce Wrangler abrite une batterie.


Finition, équipement : avantage Land Rover

À l’intérieur du Land Rover, on est encore une fois dans un Defender pratiquement identique au reste de la gamme dont nous avons déjà pu prendre le volant. Grands écrans et cuir se marient à la perfection au plastique et aux vis apparentes pour donner un sentiment de luxe et de solidité. En plus du système « Terrain Response », un bouton « EV » fait son apparition sur la console centrale. Il permet de sélectionner trois modes de conduite propres à cette version à batterie : « save », qui n’utilise que le moteur thermique, « hybride », qui combine les deux modes de propulsion, et « électrique » qui, comme son nom l’indique, permet de se déplacer en 100 % électrique. Peu importe le mode utilisé, on est bien dans un Land Rover, un produit premium.

Au volant de la Jeep, l’ambiance est différente. Les compteurs sont analogiques, le plastique est plus présent et les deux imposants leviers de vitesses renvoient un sentiment de solidité plus prononcé que dans l’Anglaise. Nos deux 4x4 du jour partagent de nombreuses fonctionnalités en termes de confort, mais pour ce qui est du « luxe », l’ambiance de l’Américaine est derrière celle du Defender. Ici, le bouton permettant de rouler en électrique se situe à gauche du volant. Le principe est similaire, trois options permettent d’alterner entre une conduite 100 % électrique, hybride et uniquement thermique. Inutile de chercher un bouton adaptant les réglages en fonction du terrain, il n’y en a pas. Dans l’habitacle, le Wrangler paraît moins premium et plus « utilitaire » que son concurrent du jour.

Confort : avantage Land Rover 

Inutile de vous dire que ces deux bestiaux ne font qu’une bouchée des différentes ornières et autres aspérités de la route. Malgré la suspension pneumatique du Defender, difficile de départager leur confort de suspension. Mais sur le bitume, le Land Rover fait tout de même la course en tête. Équipé de ses pneus routiers et tout simplement (beaucoup) mieux insonorisé, il est plus confortable au quotidien. Avec ses 5 m de long, il est également plus de 10 cm plus grand que le Wrangler, ce qui profite à l’habitabilité.

 

Forcément, avec la quasi-totalité de ses panneaux de carrosserie amovibles, difficile de faire des miracles en termes d’insonorisation. Ajoutez-y les gros pneus tout-terrain et l’Américaine est nettement plus bruyante que son adversaire. Ses places arrière sont également plus étriquées. Tous deux possèdent une « porte » arrière, mais l’Américaine dispose en plus d’un hayon qui ne peut s’ouvrir qu’une fois que la roue de secours n’est plus dans le chemin. Il y a donc deux étapes pour accéder réellement au coffre. Sinon, il faudra se contenter d’une petite ouverture pas très pratique.


Moteur : avantage Land Rover

Peu importe le capot que vous ouvrez, vous tomberez nez à nez avec un 4 cylindres turbo de 2 litres. On dispose d’une puissance totale de 404 ch et 640 Nm de couple ainsi que d’une batterie de 19,2 kWh dans le Defender. Cette dernière lui permet de revendiquer une consommation WLTP de 3,3 l/100 km et une autonomie de 43 km. Dans la pratique, cette dernière est réaliste. Pour ce qui est de la consommation réelle en revanche, on repassera… Durant notre confrontation, on a plutôt relevé une consommation de 11,3 l/100 km. C’est qu’il faut déplacer les 2,6 tonnes de l’engin…


Le Wrangler développe, de son côté, un total de 380 ch et 637 Nm de couple et dispose d’une batterie de 17,3 kWh. Jeep annonce 4,1 l/100 km et une autonomie 100 % électrique d’une quarantaine de kilomètres. En pratique, l’Américain dévore rapidement ses électrons. En mode électrique, le Wrangler perd rapidement plus de 50 % de sa batterie en une quinzaine de kilomètres ! Encore une fois, les pneus tout-terrain n’aident certainement pas… L’écart est toutefois moins important au niveau consommation par rapport à l’Anglaise : 11,8 l/100 km au bout de notre périple commun. Le match est donc serré, mais c’est le tout de même le Defender qui l’emporte côté moteur.

Comportement : égalité

Cette fois, la suspension pneumatique du Defender fait une différence. Associé à des pneus pensés pour le bitume, le Land Rover maintient bien son assiette et se conduit comme n’importe quel autre SUV de la marque. Il est loin l’ancien Defender rustique… La conduite de la Jeep est en revanche plus « authentique ». On vous a déjà pas mal parlé de ses fameux pneus tout-terrain, et ce n’est pas fini, car ils rendent la direction molle et vague. Sur l’asphalte, le Defender est clairement en tête.


En temps normal, on vous aurait uniquement parlé du comportement routier de ces deux bestiaux. Sauf qu’ils ne sont pas uniquement destinés à arpenter les routes bien bitumées. On ne s’est donc pas fait prier pour titiller leurs capacités en dehors des sentiers battus. Si le Defender peut compter sur son impressionnant système « Terrain Response » disponible même en 100 % électrique, ce sont (enfin !) les pneus tout-terrain du Wrangler qui font la différence. Il faut s’aventurer dans la cambrousse ? Alors on prendra la Jeep s’il vous plait !


Budget : avantage Jeep

Au moment de passer à la caisse, c’est le Wrangler qui s’impose. L’Américain se monnaie à partir de 75.200 € contre 77.800 € pour l’Anglaise. Un écart finalement assez faible. Mais, dès que l’on plonge dans la liste des options, le Defender peut allègrement dépasser les 100.000 €, ce qui est loin d’être le cas du Wrangler. À noter qu’avec des rejets de CO2 de plus de 50 g/km, aucun de ces deux 4x4 « verts » ne pourra revendiquer une déductibilité complète et des taxes planchers. Ils resteront des achats « coup de cœur » plutôt que des achats « raisonnables ».


Conclusion : avantage Land Rover

Objectivement, le Defender est tout simplement un meilleur véhicule : plus premium, mieux équipé, plus confortable, disposant d’une meilleure autonomie électrique, etc. Il est tout simplement plus facile à vivre au quotidien. Ce qui se paye d’ailleurs… Mais si on laisse la raison de côté et qu’on laisse parler les émotions, le Wrangler a tout simplement un charme et un charisme que l’Anglaise ne peut égaler. Surtout dans cette nouvelle génération du Defender qui s’est fortement embourgeoisée alors que le Wrangler reste plus « brut de fonderie ».

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Vanhouche  Sébastien
À propos de l'auteur : Vanhouche Sébastien Sébastien a toujours été passionné par le monde de l’automobile, au sens large. Tout l’intéresse dans le domaine, des petits ancêtres à moteur thermique aux mastodontes électriques modernes! Il a cependant toujours eu un petit faible pour les véhicules véloces, mais discrets. Rien de tel qu'un break qui déborde de puissance pour se faire plaisir tout en passant inaperçu!
Photos ©: Sébastien Vanhouche.

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