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Dossier Arnaque : Comment distinguer la perle rare de l’arnaque ?

06

DEC

2010

Indubitablement, Internet est une solution rêvée pour vendre ou acheter une voiture d’occasion. La perle rare, l’auto de vos rêves s’y trouve certainement parmi les dizaines de milliers de voitures à vendre, ne serait-ce que sur votre site favori. Hélas, la toile constitue également un Eldorado pour les arnaqueurs et autres esprits peu scrupuleux. Dans ce dossier-ci, nous nous placerons du côté de l’acheteur et lui indiquerons les clignotants, les indices lui permettant de distinguer la perle rare de la véritable arnaque.

• Comment repérer une arnaque ?

Le premier conseil consiste évidemment à se méfier d’un prix trop bas. Une Peugeot 307 CC de 2005 affichée à 4.000 €, cela n’est évidemment pas très crédible. Attention aussi aux adresses douteuses (rue de la paix, chemin de l’église,…), vérifiez bien si cette dernière existe réellement et si le numéro de téléphone est correct ! Sinon, attention danger !

Pour justifier un prix aussi bas, les arnaqueurs possèdent toutes les excuses : cela va de la voiture appartenant à un enfant tragiquement perdu à un propriétaire richissime qui hérite d’un véhicule dont il ne sait que faire. Bref, les explications alambiquées sont par définition suspecte ! Un seul mot d’ordre : méfiance ! L’excuse classique est généralement celle d’une mutation à l’étranger obligeant la personne à se séparer au plus vite de ses biens.

Les intermédiaires, une pratique courante…

Pour gagner la confiance de l’acheteur potentiel, le vendeur stipule que la vente se fera via un intermédiaire de renom (généralement une entreprise reconnue et ayant pignon sur rue) qui gardera le véhicule dans son dépôt et récupérera l’argent. Voilà qui devrait rassurer les esprits inquiets ! A la différence près que les liens se référant soi-disant à l’entreprise susmentionnée sont en fait, erronés et le numéro de compte n’a rien à voir avec celui de la véritable entreprise ! Le numéro de compte est généralement celui d’un intermédiaire, qui n’a pas toujours connaissance de la fraude dans laquelle il est embarqué ! Toujours est-il que ce dernier se révèlera généralement insolvable, ce qui empêchera toute tentative de remboursement, une fois la fraude démasquée.

Soyez donc très attentif au nom de domaine de l’adresse mail et n’hésitez pas à appeler le siège de l’entreprise pour demander vérification. Pour ne rien faciliter, il arrive également que ces arnaqueurs créent de toute pièce une société fictive de transport, avec site web bien ficelé à la clé ! Vigilance ! De manière générale, évitez les véhicules localisés à l’étranger dont le transport vous est proposé…

La preuve par l’image

La photo peut déjà mettre la puce à l’oreille. Si le vendeur déclare être en Belgique et que la voiture est photographiée devant une mer bleue sous un ciel d’azure, avec éventuellement une plaque étrangère, cela semble déjà louche ! En effet, les arnaqueurs se servent la plupart du temps d’une banque d’images regroupant bien des modèles. Par ailleurs, notons qu’ils ne mettent généralement qu’une seule photo en ligne.

Outre la photo, on gardera un œil attentif à la description du véhicule. Certains se mêlent carrément les pinceaux et décrivent une « Audi A2 V6 TDI de 2009 », ce qui paraît des plus improbables… Outre les erreurs techniques, on note généralement une description des plus laconiques du véhicule.

Les coordonnées

Une annonce sans numéro de téléphone met la puce à l’oreille… Mais il s’agit d’un moyen bien ficelé pour mettre l’acheteur crédule sur la piste d’une arnaque, en l’obligeant à communiquer par mail ! Si un numéro de téléphone est affiché, jetez un coup d’œil au préfixe : 0022, cela correspond à la Côte d’Ivoire, qui est une véritable plaque tournante de l’escroquerie automobile. De manière générale, on retiendra qu’une transaction à l’étranger amène son lot de tracasserie et de risques supplémentaires, en ce compris (si le véhicule existe bel et bien) les formalités administratives et autres demandes de conformité. La langue utilisée peut constituer une barrière, de même que les modalités de payement. Un payement par Western Union est toujours considéré comme un clignotant !

• Comment se retourner ?

Ça y est, vous êtes victime d’une arnaque. Vous n’êtes hélas pas le seul. Vous pensiez avoir trouvé la perle rare mais en dépit de votre prudence, vous voilà le portefeuille et le garage vides. La bonne nouvelle, c’est que les services en ligne ont largement progressé et permettent de porter plainte de manière simple et rapide. Plus besoin de rechercher le service adéquat ou de se perdre dans une forêt de papiers administratifs : il suffit simplement de remplir un formulaire sur le site http://www.ecops.be. Dès lors, votre affaire sera aux mains de la Justice, de la Police, voire du Service Public Fédéral de l’Economie.

Texte : Piette François

Photo(s) : Manufacturer

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