Jusqu’ici, la gamme électrique d’Audi ne compte que des SUV, de grandes berlines et un gros break. La famille manque d’une compacte à pile. Celle-ci arrive et se nommera A2 e-tron. Elle espère élargir la clientèle électrique de la marque aux anneaux. Nous avons pu tester le prototype camouflé.
Design - Audi A2
Un air de la première A2
Ceux qui ont connu la première A2, née en 1999, trouveront que cette nouvelle e-tron lui ressemble. C’est bien sûr voulu : les concepteurs ont fait un clin d’œil à cette aïeule, qui était très technologique et aérodynamique. On retrouve donc ici une originale lunette arrière en deux parties avec becquet de toit.
En plus d’être original, ce style a surtout pour but d’améliorer l’écoulement de l’air afin de consommer moins de carburant. C’est le but aussi des poignées en forme d’ailettes de requin au sommet des portes (comme sur la Volvo EX60, d’ailleurs…).
Haute de plafond
Ceci dit, malgré sa robe finement taillée, cette voiture est d’architecture assez haute et brasse donc plus de vent qu’une basse berline. C’est que l’Audi A2 e-tron reprend l’architecture technique des VW ID.3 Neo/Cupra Born. On n’a donc pas ici un aérodynamisme aussi poussé que celui des Hyundai Ioniq 6 ou Mercedes CLA, encore plus effilées et, surtout, plus basses de plafond…



Expérience - Audi A2
Un habitacle moderne
Le mobilier de notre prototype est quasiment totalement camouflé ; on voit juste le combiné d’instruments numérique et l’écran tactile central (12,8 pouces), deux éléments repris de l’Audi Q4 e-tron récemment restylé. Il semble en revanche impossible d’intégrer ici un troisième écran dédié au passager.
On remarque qu’Audi a remplacé derrière le volant les classiques leviers de clignotants et d’essuie-glace par de petites touches regroupées en « clusters », comme sur le Q3. Concernant la finition, on pointe quelques plastiques durs sur les parties les moins visibles du mobilier, mais globalement, ça semble assez chic. On attendra cependant de voir le mobilier sans camouflage avant de poser un jugement définitif.
Frunk
Côté coffre, les concepteurs n’ont indiqué aucune valeur, mais le volume semble suffisant à vue de nez. Nous n’avons pas pu le voir, mais on nous dit que l’A2 e-tron dispose aussi d’un coffre avant (frunk), un équipement dont est privée la cousine VW ID.3 Neo.

Conduite - Audi A2
Un GPS Google efficace
Avant de prendre la route, on branche la navigation, qui nous guide via les excellentes cartes Google et dispose d’un planificateur de trajets efficace avec recherche précise et détaillée des bornes de recharge disponibles sur le parcours.
Par contre, dès la première marche arrière, on constate que la lunette postérieure en deux parties réduit fortement la visibilité. On note aussi au passage que l’A2 e-tron est privée d’essuie-glace arrière…
190 ch et batterie 58 kWh
La petite Audi A2 e-tron devrait logiquement avoir droit à tous les ensembles moteurs-batteries de la Volkswagen ID.3 Neo ; mais pour cette première prise en mains, on ne nous confirme rien. On nous dit juste que notre prototype est une version à moteur arrière de 190 ch et batterie LFP de 58 kWh utilisables.
En virages, on retrouve les sensations de conduite de l’ID.3 Neo, avec un bel équilibre et un train avant léger. Les accélérations sont suffisantes, mais pas explosives. Plus embêtant : la suspension se montre plutôt ferme sur les cassures. Un ingénieur nous explique que le prototype essayé est monté sur une suspension sport et des pneus éco gonflés à bloc pour consommer moins de carburant lors de ce premier événement… Les versions de base devraient donc être plus confortables.



Budget - Audi A2
Quelle consommation et autonomie réelles ?
Bien sûr, à l’heure actuelle, Audi n’a encore officialisé aucun prix. Décidemment très cachotiers, les concepteurs n’ont pas voulu nous indiquer, non plus, de chiffres d’autonomie théorique. Mais nous avons pu calculer la consommation réelle : sur notre parcours mené sous une température de 20°C, nous avons noté une moyenne de 12,7 kWh/100 km, ce qui correspond à une autonomie réelle d’environ 450 km. Pas mal vu la batterie modeste, mais nous avons roulé vraiment très calmement. À un rythme plus élevé et en hiver, l’autonomie sera logiquement plus faible.
On dispose de palettes au volant pour gérer la puissance de la régénération, avec même un mode one pedal. L’A2 e-tron s’équipe aussi de la charge bidirectionnelle pour alimenter un appareil électrique externe via la batterie.
Sur les bornes AC, la batterie de 58 kWh se charge totalement en environ 6h (puissance max. de 11 kW). Sur borne DC, cette batterie 400 Volts accepte 105 kW de puissance maxi, ce qui n’est pas énorme, mais vu la taille moyenne de la pile, environ 30 minutes suffisent pour passer de 10 à 80% de charge.
Verdict - Audi A2
Notre petite balade au volant du prototype camouflé ne nous permet pas de porter un jugement définitif sur l’A2 e-tron, mais on peut déjà dire que le modèle se distingue par un style original. Et, bien que le mobilier fût en partie camouflé, on devine un habitacle plutôt chic, qui semble à la hauteur des exigences de la clientèle premium. Par contre, si le style extérieur est unique, les entrailles sont connues et partagées avec la VW ID.3 Neo. Cette petite Audi n’apporte donc pas de grande valeur ajoutée technique par rapport à sa cousine, si ce n’est un meilleur aérodynamisme permettant d’abaisser la consommation d’électricité. Et si on ne connaît pas encore le prix de l’A2 e-tron, elle sera assurément plus chère que la VW. Rendez-vous à la rentrée pour découvrir cette petite Audi à pile sans camouflage, et être fixé sur son tarif.












