Après plus de vingt ans de carrière et deux générations, l’Audi Q7 reste fidèle à sa mission première : transporter toute une famille nombreuse dans un confort de première classe, sans rechigner à avaler les kilomètres. Mais pour cette troisième génération, la marque aux quatre anneaux a décidé d’enfoncer aussi le clou de la démonstration technologique. En plus de son nouveau style, le Q7 multiplie les équipements sophistiqués. De quoi transformer chaque déplacement en expérience de grand luxe ou… en source de petites frustrations ?
Design - Audi Q7 SUV
« Nouveau-nez »
Après avoir tiré la carrière de son prédécesseur en longueur au moyen de plusieurs évolutions discrètes, Audi donne enfin un véritable successeur à son grand SUV familial. Le changement ne se limite donc pas, cette fois, à quelques retouches cosmétiques : cette troisième génération de Q7 adopte un style plus affirmé, notamment au travers d’une face avant intégrant des projecteurs affinés et encadrant une énorme « bouche » comme sur le récent Q3. Et à l’arrière, les optiques de ce nouveau Q7 sont également divisées, toujours comme sur le Q3, en deux parties par une fine bande de carrosserie.
Mini-Q9
Si on peut le voir comme un maxi Q3, ce nouveau Q7 est aussi un… mini Q9 ! Une petite révolution s’opère, en effet, dans la hiérarchie « des Q » de la marque : contrairement à ses prédécesseurs, ce Q7 3ème du nom ne pourra plus se targuer d’être le plus grand SUV de la famille Audi. Il doit céder ce titre au nouveau Q9. Un véritable mastodonte de 5,31 m de long, conçu notamment pour répondre aux attentes du marché américain et venir chasser sur les terres des BMW X7 et Mercedes GLS. De quoi relativiser, finalement, le gabarit de ce nouveau Q7 : 5,06 m de long et 2,01 m de large hors rétroviseurs. Un format certes XXL, mais à l’échelle européenne…
Des jantes XXL qui annoncent la couleur
Notez que pour encore renforcer son style sportif, ce Q7 peut dorénavant chausser des jantes signées Audi Sport allant jusqu’à 23 pouces. Des roues spectaculaires optionnelles, comme celles de notre modèle d’essai, qui ont aussi leur revers : même avec la suspension pneumatique, elles dégradent un peu le filtrage des irrégularités. On aurait volontiers apprécié davantage de moelleux en mode Confort à bord de ce paquebot lors des croisières. Mais finalement, ces jantes résument assez bien l'approche de ce nouveau Q7 : devenir toujours plus spectaculaire sur tous les plans… quitte à sacrifier un peu de son agrément « de base ».



Expérience - Audi Q7 SUV
Un salon roulant « assisté »
À bord aussi, Audi semble parfois avoir confondu progrès et accumulation de fonctionnalités. En fait, c’est même avant de pénétrer à bord qu’on s’en rend compte ! Les portières à ouverture électrique inaugurées par cette nouvelle génération font, en effet, leur petit effet lors des premières utilisations. En tout cas, on épate la galerie avec ces majordomes électriques invisibles ! Mais finalement, ces assistants de l’ombre se révèlent moins convaincants au quotidien. Si l’on reste trop près de la porte, le capteur de proximité interrompt son mouvement. Il faut alors reculer d’un pas pour lui permettre de poursuivre son ouverture. Devoir reculer pour pouvoir rentrer dans sa voiture, c’est moins chic quand on vous regarde… Et si on est garé dans un endroit étroit, les portières conservent une « grosse marge » de sécurité. Du coup, on ne peut pas non plus monter à bord sans devoir tirer encore un peu dessus.
Le mieux est l’ennemi du bien…
Même constat pour les sièges électriques des deuxième et troisième rangs, d’ailleurs. Voir ces sièges s’extraire du plancher ou s’avancer sur simple pression d’un bouton confère une impression de luxe. Mais si c’est confortable, ce n’est pas nécessairement plus pratique qu’un système manuel bien conçu. Dans un véhicule familial, où les enfants montent et descendent régulièrement, la rapidité d’exécution compte parfois davantage que le raffinement ! Imaginez : il pleut à verse, tout le monde s’approche de la voiture. Zut, il faut reculer d’un pas pour que les portières s’ouvrent en grand. On est déjà bien mouillé, mais ce n’est encore qu’un début : la cinématique des sièges électriques du deuxième rang prend son temps pour libérer le passage vers les strapontins du fond. Puis il faut encore attendre qu’ils reviennent à leur position de départ pour laisser les derniers passagers monter à bord. Et puis, n’oublions pas d’appuyer sur les boutons qui commandent la fermeture automatique des portes. Voilà, ça y est. La famille n’a pas dû actionner manuellement le moindre élément. Mais elle est trempée… (oui, c’est du vécu). Notons tout de même que, pour la première fois, le Q7 propose une configuration à 6 places (2/2/2) si on le souhaite. Ce qui devrait faciliter grandement la « circulation » à bord.
Un infodivertissement au sommet, excès compris
Le système multimédia figure, quant à lui, parmi les grandes réussites de ce nouveau Q7. Moderne, complet et réactif, il offre une interface claire qui reste relativement facile à prendre en main malgré sa débauche de technologies. Comme quoi, technologie de pointe et ergonomie intuitive ne sont pas forcément incompatibles !
Ici aussi, on pourrait toutefois ergoter sur l’utilité de certaines fonctions. Le système audio Bang & Olufsen, par exemple, intègre des « actionneurs » qui font vibrer les sièges au rythme de la musique (on aime ou pas…). Côté éclairage, en plus des signatures lumineuses personnalisables et de la projection de tapis lumineux d’accueil, on retrouve aussi une fonction de « clignotants avancés » pour les phares Matrix LED. Les flèches de direction sont alors projetées au sol. C’est spectaculaire, certes, mais est-ce vraiment utile ? En tout cas, ça risque de créer une joyeuse pollution lumineuse dans les carrefours urbains quand ces bidules haut de gamme seront popularisés sur des modèles plus accessibles !
Sept places, mais pas toutes en première
Mais au-delà de ces petits désagréments finalement assez anecdotiques (d’autant plus que tous ces extra technologiques sont généralement facturés en supplément), on appréciera tout de même l’ambiance feutrée, la présentation soignée, les matériaux valorisants et l’assemblage solide de ce Q7 2026. L’espace disponible est (presque) aussi impressionnant. À l’avant comme au deuxième rang, les passagers disposent en tout cas de beaucoup de place. Les deux sièges supplémentaires escamotables dans le coffre sont moins royaux, mais ils permettent tout de même d'emmener confortablement des enfants ou adolescents.
Coffre XXL
Côté pratique, la version 5 places dispose d’un coffre de 670 l. Si on opte pour la version 7 places, on conserve toutefois encore 581 l avec les strapontins repliés. Le volume disponible derrière la troisième rangée ne permettra, bien sûr, plus d’emporter les bagages de 7 personnes pour deux semaines au ski, on s’en doute ! Mais on peut charger 100 kg sur le toit, ce qui laisse de la marge si on dispose d’un coffre de toit XXL. Et, en dernier recours, on peut aussi tracter 3.500 kg…



Conduite - Audi Q7 SUV
V6 TDI, exclusivement
Pour le moment, en Europe, le nouvel Audi Q7 limite son offre mécanique au seul V6 3.0 TDI, décliné en deux niveaux de puissance : 180 kW (245 ch) et 220 kW (299 ch). Les deux versions bénéficient de la technologie microhybride MHEV Plus de 48 V, qui permet notamment d’évoluer temporairement à la seule force du petit moteur électrique (18 kW / 24 ch et surtout 370 Nm). Pas de motorisation essence (le SQ7 avec son V8 4.0 l bi-turbo de 600 ch présenté aux Etats-Unis n’a pas encore fait le voyage jusqu’ici), ni de version hybride rechargeable au programme pour l'instant. Ce seul choix d’un bloc diesel peut donc sembler assez restrictif à l'heure où ce carburant est clairement en perte de vitesse. Néanmoins, force est de constater que ce V6 TDI correspond bien à la vocation de grand voyageur de ce SUV XXL. De plus, on peut utiliser du diesel HVO (pour « huile végétale hydrotraitée ») produit à partir de résidus et de déchets, comme des huiles de cuisson usagées, si on veut limiter sa consommation de diesel dérivé du pétrole.
Agrément convaincant
Avec ses 630 Nm de couple, ses 299 ch, sa transmission intégrale quattro et sa boîte automatique tiptronic à huit rapports, notre Q7 d'essai ne manquait pas de souffle. À l’usage, ce V6 TDI séduit surtout par son onctuosité et sa disponibilité. Les accélérations sont assez franches à défaut d’être étourdissantes (0 à 100 km/h en 6,2 s) et les reprises vigoureuses même lorsque le Q7 est chargé. La boîte automatique participe également à cet agrément, bien épaulée par la micro-hybridation 48 volts. On ne doit plus composer avec la latence, un peu fatigante, des précédentes générations d’Audi à boîte automatique dont la gestion voulait à tout prix privilégier la « roues libre » sans en avoir vraiment les moyens… Dorénavant, on profite d’une conduite plus coulée avec l’aide de la micro-hybridation 48 volts très efficace. Seul petit bémol dans ce monde parfait : la sonorité du TDI détonne parfois un peu dans cet écrin de luxe. Il faut dire qu’avec la généralisation des SUV électriques, on s’est finalement habitué à se déplacer dans un silence absolu. Mais hormis ce petit détail, le Q7 reste un compagnon idéal pour voyager.
Plus de 1.000 km avec un plein !
En tout cas, pour les longs voyages, le V6 TDI possède une arme absolue pour faire rapidement oublier son léger ronronnement par rapport aux machines électriques : sa consommation sur autoroute ! Malgré son gabarit imposant, son poids conséquent (2.500 kg à vide) et ses énormes roues de 23 pouces, notre Q7 s’est contenté de seulement 7,8 l/100 km en conduite stabilisée autoroutière. Avec son réservoir de 80 l, cela autorise une autonomie théorique de plus de 1.000 km ! Là, les SUV électriques concurrents à 7 places s’inclinent !
Bien sûr, en conduite mixte, l’appétit monte. Sur des trajets plus exigeants, avec notamment des déplacements courts à froid et des accélérations plus appuyées, on a relevé une moyenne de 11,9 l/100 km. Au final, sur l’ensemble de notre semaine d’essai, la moyenne générale s’est fixée à 10,0 l/100 km tout rond. Un résultat honorable pour un SUV de ce gabarit, de cette puissance et de ce niveau d’équipement.
Du confort à l’agilité, selon l’humeur
Le Q7 ne se résume toutefois pas à son moteur. Son châssis sait également s’adapter à des ambiances très différentes. Dans sa configuration la plus confortable, la suspension pneumatique optionnelle absorbe efficacement les grandes irrégularités, même si, on l’a dit, les jantes de 23 pouces de notre voiture d’essai pénalisaient tout de même le filtrage. Ce grand SUV allemand peut aussi se montrer étonnamment agile. Et ce tant pour les manœuvres que lorsque l’on hausse le rythme grâce à ses quatre roues directrices.
Le système Audi Drive Select intègre, de plus, dorénavant un mode automatique. Il suffit de le sélectionner pour que le Q7 bascule de son propre chef du mode Confort au mode Dynamic, et inversement, dès qu’il détecte un changement de style de conduite. De plus, les suspensions pneumatiques optionnelles permettent aussi de rehausser la garde au sol assez généreusement en mode Offroad en cas de besoin. Avec la transmission intégrale quattro de série, cela permet d’atteindre assez facilement sa maison de campagne au bout du chemin forestier en toute saison.



Budget - Audi Q7 SUV
Prix Audi Q7 V6 TDI MHEV plus 2026
En Belgique, le nouvel Audi Q7 débute à 82.900 € avec son moteur TDI de 180 kW. Un tarif qui glisse à 85.900 € si l’on préfère opter pour la mécanique de 220 kW. Et qui monte encore à 87.970 € si on craque aussi pour la ligne S line, comme notre modèle d’essai. Ensuite, le tarif final dépendra tant de l’intérêt accordé à ses nouveautés technologiques que de la souplesse de son portefeuille !
Quand le catalogue d’options s’emballe…
Comme souvent chez Audi, la liste des équipements disponibles permet, en effet, de personnaliser « son » Q7 presque à l’infini. C’est ça, aussi, l’univers premium et cela permet de se distinguer de la concurrence qui mise vulgairement sur le rapport prix / équipement ! Notre exemplaire d’essai en était une parfaite illustration : jantes Audi Sport de 23 pouces, suspension pneumatique, configuration sept places, éléments intérieurs en cuir, système audio Bang & Olufsen 4D, affichage tête haute, toit panoramique à transparence variable… Sans oublier le pack Platinium, aussi onéreux qu’impressionnant (et inutile ?) facturé à plus de 10.000 €.
Au terme de cette longue liste d’options, notre Q7 S line TDI quattro affichait ainsi un prix total de 131.130 €.
Verdict - Audi Q7 SUV
Pour sa troisième vie, l’Audi Q7 reste un formidable grand voyageur. Spacieux, confortable et animé par un V6 TDI parfaitement adapté aux longues distances, il coche presque toutes les cases du SUV familial idéal. Son infodivertissement est également à la pointe, son comportement routier peut se faire aussi confortable qu’efficace et sa suspension pneumatique lui permet même de s’aventurer hors des sentiers battus. Certes, cette génération semble parfois vouloir trop en faire avec ses équipements technologiques pas toujours utiles au quotidien. Mais rien n’oblige à les commander tous, ce qui permettra d’ailleurs d’alléger sensiblement la facture finale…













