Pour rappel, Ford vient d’élargir sensiblement l’accessibilité de son système d’aide à la conduite BlueCruise. Car s’il est homologué depuis 2023 en Europe, le système d’aide à la conduite sans les mains de Ford n’était disponible initialement qu’avec le SUV électrique Mustang Mach-E. Mais depuis le printemps 2026, on peut aussi en bénéficier avec les populaires SUV Puma et Puma Gen-E ainsi qu’avec le Kuga. Et même le pick-up Ranger, dans sa version hybride rechargeable Ranger PHEV y a droit. De quoi augmenter sensiblement le nombre de modèles équipés de la fonction. Et donc aussi le kilométrage total parcouru « sans les mains » par le système BlueCruise. Avant qu’on tente l’expérience, Ford annonçait déjà largement plus de 888 millions de kilomètres parcourus dans le monde avec ce système initialement lancé aux Etats-Unis. On s’est dit qu’on ne risquerait donc pas grand-chose à tenter l’aventure pendant quelques centaines de kilomètres en Belgique !


Qu’est-ce que la fonction BlueCruise de Ford ?
Petit rappel : BlueCruise n’est pas un système de « conduite autonome ». Il autorise une conduite « sans les mains », ce qui le situe au niveau 2 de l’échelle de la conduite autonome. On n’atteint donc pas le niveau 3 permettant aussi de quitter la route des yeux. Pas question de lire un livre (ou de scroller sur son écran, c’est plus dans l’ère du temps…) après avoir activé la fonction BlueCruise. D’ailleurs, le système Ford inclut une caméra surveillant le regard du conducteur et la position de sa tête. On a testé et cela fonctionne bien : si l’on n’est pas attentif à la circulation, le système rappelle rapidement à l’ordre. Mais, notons que Ford utilise une caméra de type infrarouge. On peut donc porter des lunettes de soleil sans que cela perturbe le fonctionnement du système, contrairement à ce que nous avions remarqué avec la conduite FSD chez Tesla.


Uniquement sur les « BlueZones »
En revanche, contrairement au système Tesla fonctionnel « presque partout », le BlueCruise de Ford n’est activable que sur les autoroutes. Et encore, celles référencées comme « BlueZones ». Mais elles le sont quasiment toutes en Europe comme on peut le voir sur cette carte interactive. On peut donc théoriquement aller de la Norvège au Portugal sans toucher le volant de sa Ford, si on n’emprunte que des autoroutes. En Belgique, en tout cas, le système a toujours accepté de s’enclencher sur les autoroutes rencontrées durant notre périple. C’est même la voiture qui précise que la fonction BlueCruise est disponible sur le tronçon emprunté. Il suffit alors d’activer le régulateur de vitesse adaptatif. Un petit volant bleu qui s’affiche au tableau de bord confirme alors que la fonction est active. On peut ensuite lâcher le volant.
Fonctionnement efficace dans l’absolu, mais…
Et de fait, la fonction BlueCruise fonctionne parfaitement dans la grande majorité des situations. Elle suit parfaitement les virages, circule sans problème à côté des véhicules qui évoluent sur les autres bandes, etc. On a tout de même relevé certaines limites, mais plutôt liées à un marquage défaillant au sol (le système demande alors de reprendre la main) ou à une zone de chantier (le système demande aussi de reprendre la main dans cette zone). Le seul moment où l’on a dû reprendre la main de notre propre initiative par sécurité (ou par trouille…), c’était justement dans un chantier ou un potelet en plastique de signalisation n’était pas bien aligné avec les autres et qu’il allait nous frôler d’un peu trop près à notre goût ! Mais pour le reste, notre semaine autoroutière sans les mains s’est passée sans encombre.

Pas (encore) la gestion des dépassements
Cela dit, finalement, le plus gros inconvénient du système, c’est l’impossibilité de gérer les dépassements. Du moins, pour le moment. Car la fonction est déjà activée aux Etats-Unis, mais pas encore en Europe. Et donc, sauf si on est adepte de la secte des « centristes », on doit souvent reprendre la main pour dépasser les camions et les autres véhicules plus lents qui circulent sur la bande de droite en fonction de la circulation. En gros, la différence de fonctionnement du système BlueCruise par rapport à un régulateur adaptatif couplé à un système de correction de cap classique est assez limitée… Sauf qu’on peut ici poser ses mains sur ses genoux sans devoir les laisser « mollement » en contact avec le volant pour éviter d’être constamment rappelé à l’ordre par l’électronique.
Combien coûte la fonction BlueCruise ?
Pour jouir de la fonction BlueCruise sur les modèles compatibles, on peut s’orienter vers la série spéciale « BlueCruise Edition » qui donne accès à la fonction à vie. Mais si on veut en profiter sur une version plus abordable, moins généreusement équipée, c’est aussi possible. Il faut impérativement opter pour le pack « Driver Assistance ». Il est facturé 1.500 € sur la Puma Gen-E. On dispose alors de tout le « hardware » nécessaire pour que le système « sans les mains » fonctionne. On peut ensuite activer le système BlueCruise gratuitement pendant 90 jours d’essai. Et si on le souhaite, on peut opter pour une formule d’abonnement : 280 €/an ou 25 €/mois si on ne veut activer la fonction que ponctuellement. Comme pendant ses vacances, par exemple. Notez que si l’on préfère, on peut également opter pour l’« Activation BlueCruise » définitive contre 1.450 €. On débloque alors la fonction à vie, sans plus devoir régler d’abonnement en sus pour l’utiliser.












