Dans la foulée de la Mercedes 190, la Classe C a porté les couleurs de la marque à l’étoile sur le segment de la berline compacte pendant plus de trente ans. Avec cette sixième génération (W520), la Classe C continue l’aventure, mais sans plus aucun moteur thermique sous son capot. Si vous craquez pour le style de cette nouvelle génération, il faudra, en effet, obligatoirement la commander en électrique. L’actuelle Classe C thermique (W206) s’offrira néanmoins une petite refonte cosmétique prochainement pour lui ressembler autant que possible tout en offrant encore des moteurs à combustion. Et une silhouette break qui n’est (actuellement) pas prévue pour cette variante électrique.
Design - Mercedes Classe C Berline
Calandre voyante
Cette nouvelle Classe C électrique ne partage pas que ses entrailles (MB.EA pour Mercedes-Benz Electric Architecture) avec le récent SUV GLC électrique. Son style aussi en est très proche. Ce qui va plaire à certains. Et peut-être moins à d’autres. Pour être franc, quand on a découvert notre modèle d’essai sur le parking de l’aéroport de Helsinki, cela n’a pas été le coup de foudre au premier regard. Avec sa calandre chromée béante reflétant le soleil, cette Classe C nous faisait plutôt penser à une… copie chinoise trop blingbling d’une « vraie » Mercedes. Et cette première impression s’est confirmée quand on s’est installé à bord, avec cet écran géant omniprésent et une console centrale flanquée d’un revêtement un peu trop cheap pour un habitacle étoilé… Sans parler des poignées de portes pas vraiment à la hauteur du rang de Mercedes, selon nos critères certes exigeants.
Look à la carte (en option)
On concède tout de même avoir revu notre premier jugement en montant ensuite à bord d’autres exécutions. Déjà, la calandre traitée en foncé nous semble nettement plus élégante. Le kit carrosserie sportif de l’exécution AMG Line rend, forcément, aussi l’ensemble encore plus seyant. Enfin, les autres habillages intérieurs proposés (notamment le cuir Nappa avec surpiqûres en forme de diamant couplé à des habillages en bois) nettement plus proches de notre interprétation d’un cocon signé Mercedes (certes, les poignées font toujours un peu tâche, mais c’est un moindre mal).
Dimensions en hausse
Au-delà de ces considérations assez subjectives de style, relevons que cette Classe C bondit en gabarit par rapport à ses devancières. L’empattement de cette plateforme électrique spécifique (2.962 mm) est, notamment, près de 10 cm plus long (+97 mm) que celui de l’actuelle Classe C thermique. En tirant vers la barre des 4,90 m, cette Classe C électrique (4,88 m contre 4,75 m pour la version thermique actuelle) prend alors ses aises par rapport à sa petite sœur CLA qui n’avait pas hésité à tirer vers les 4,72 m de long lors de sa récente mutation électrique.



Expérience - Mercedes Classe C Berline
Espace généreux, sauf pour les pieds
Conséquence directe de cet étirement : on ne manque pas de place à bord de cette Classe C électrique. Les passagers arrière (du moins ceux installés aux places latérales, comme d’habitude dans le segment) seront donc bien installés. Ils devront tout de même demander aux passagers avant d’un peu lever leur siège afin de pouvoir glisser leurs pieds sous les assises compte tenu de l’épaisseur du plancher.
Toit panoramique en série, étoiles en option
Toutes les Classe C électriques se coiffent, sans supplément, d’une grande dalle vitrée. Un toit panoramique qui peut, bien sûr, s’agrémenter d’astuces techniques visant l’effet « waou » si on porte la main au portefeuille. Avec l’option SKY CONTROL, la surface vitrée peut ainsi passer de transparente à opaque via neuf segments commandables indépendamment. On peut aussi allumer 162 étoiles, de la couleur de son choix, pour rouler sous un ciel étoilé.
Hyperscreen impressionnant
Mais bien sûr, la pièce maîtresse de cet intérieur, c’est l’Hyperscreen. Soit cet écran géant qui en combine 3 sous la même grande glace s’étendant d’une porte à l’autre (99,3 cm). Mais notez que même la version de base, si on peut dire, baptisée Superscreen conserve la même logique générale en laissant simplement davantage voir la subdivision entre ses trois écrans. Dans les deux cas, cette planche (au premier sens du terme vu son format rectiligne) séduira les amateurs de technologies. Il faut reconnaître qu’elle a le mérite d’offrir une quantité astronomique de services, tout en restant assez ergonomique à l’usage grâce à des menus logiques et des raccourcis facilement accessibles. Et les « agents IA » prêts à répondre à la moindre requête vocale sont aussi assez bluffants d’efficacité.
Grand coffre et frunk pratique
Côté pratique, la malle arrière de cette Classe C électrique adoptant une poupe fuyante aérodynamique ne laisse pas une grande hauteur de chargement. Néanmoins, la largeur d’ouverture reste assez pratique (sauf à la base), le coffre est profond et le volume total offert plutôt généreux : 470 l (contre 455 l pour sa sœur thermique, certes bien plus courte, à titre de comparaison). Mais finalement, la bonne surprise se trouve plutôt du côté de la proue. Le frunk proposé est, en effet, non seulement assez vaste pour qu’on y ait glissé notre bagage à main format « cabine » (101 l ) sans problème. Mais, surtout, il s’ouvre facilement en appuyant simplement sur l’étoile trônant sur le capot. C’est plus pratique que de devoir se contorsionner pour trouver la petite poignée cachée sous le volant ou près des pédales…




Conduite - Mercedes Classe C Berline
C 400 4 MATIC
Pour son lancement, la Classe C électrique ne se conjugue qu’en C 400 MATIC. De quoi permettre à Mercedes de la présenter, en toute modestie, comme la Classe C « la plus sportive » jamais proposée. Dans la pratique, c’est assez relatif en fonction de sa propre définition du concept de la sportivité. En revanche, côté performances, il n’y a effectivement pas vraiment débat. Avec ses deux moteurs électriques développant au total 360 kW / 489 ch et 800 Nm, elle peut brutaliser les cervicales de 0 à 100 km/h en seulement 4 s. Pour pousser, on confirme : ça pousse !
Consommation maîtrisée
Grâce à la possibilité de déconnecter totalement le moteur avant mais aussi à la présence d’une boîte à deux rapports pour baisser la consommation aux plus hautes vitesses, cette Classe C électrique peut aussi se montrer plutôt sobre. C’est tout de même plus pratique au quotidien que de disparaître en un clin d’œil à chaque feu rouge ! Le parcours très roulant proposé en Finlande (où l’on ne badine pas avec les excès de vitesse…) sous 25° C n’a que très peu mis notre Classe C électrique à l’épreuve. En fonction des parcours (principalement autoroutier ou sur le réseau secondaire sans croiser un chat, seulement un élan au milieu de la route), on a relevé des moyennes réelles allant entre 15,6 et 18,9 kWh/100 km. Ce qui laisse augurer une autonomie réelle confortable de 500 km compte tenu de la batterie de 94,5 kWh embarquée sur cette version (760 km WLTP).
Charges rapides, en 800 volts
Comme son frère SUV, le GLC électrique mais aussi sa petite sœur CLA, cette Classe C électrique dispose d’une architecture 800 volts lui assurant des recharges rapides. Du moins sur les bornes… 800 volts. Pour brancher sa Classe C électrique sur de « vieilles bornes DC 400 volts », il faudra obligatoirement avoir coché l’option adéquate au moment de signer le bon de commande (la voiture pourra alors en tirer 100 kW maximum). Mais avec une borne 800 volts moderne, la Classe C pourra digérer jusqu’à 330 kW en pic et récupérer de 10 à 80 % de charge en 22 minutes. Ou déjà récupérer plus de 300 km d’autonomie WLTP en seulement 10 minutes d’arrêt. Certes, certaines marques (notamment chinoises) promettent encore un peu mieux. Mais à ce niveau, on atteint déjà des charges assez rapides pour qu’elles ne soient plus vraiment contraignantes à l’usage.
Confort et efficacité dignes de Mercedes
Mais là où cette Classe C électrique se distingue clairement des concurrentes (surtout chinoises), c’est en confort et en agrément de conduite ! Là, on n’a plus aucun doute sur le fait de rouler à bord d’une « vraie » Mercedes. Il faut dire que les modèles mis à notre disposition jouissaient de l’amortissement pneumatique AIRMATIC et des roues arrière directrices optionnels. Résultat : sur la route, les irrégularités sont filtrées avec brio (d’autant plus que la fonction « Car-to-X » permet à la voiture de se… préparer à digérer une déformation si une autre voiture équipée de la technologie y est passée un peu avant). Combinée à l’excellente insonorisation, cela permet de voyager très confortablement. Et même sur le petit circuit réservé par Mercedes pour qu’on puisse un peu lâcher les chevaux de nos « Classe C les plus sportives de l’histoire » sans finir en prison, on n’a pas été déçu. Certes, la voiture pèse plus de 2,4 tonnes à vide (2.460 kg) et cela se ressent. En outre, la direction est toujours un peu trop assistée, même en mode Sport. Mais l’efficacité globale reste très convaincante en conduite appuyée, à défaut d’être tranchante ou agile. L’agrément de la pédale de frein, en conduite dynamique, pourrait aussi être un peu meilleur. En revanche, pour la conduite coulée, le freinage régénérateur permettant de récupérer jusqu’à 300 kW assure une vraie conduite à une pédale. De plus, on peut moduler facilement le niveau souhaité avec les palettes au volant et/ou profiter d’un mode automatique très efficace.
Gardiens électroniques à propos
Dans la même veine, on pointera aussi une mise au point particulièrement efficace des aides électroniques d’une manière générale. Dans ce domaine aussi, on sent toute l’expertise des ingénieurs de Mercedes. Cela évite de tomber dans les travers des « assistants » exaspérants après seulement 200 mètres qu’on cherche à tout prix à déconnecter dès que possible. Le calibrage des aides est, ici, subtil. Mais visiblement aussi très efficace si l’on se base sur le petit parcours d’essai « sécurité », toujours sur piste fermé et parsemé de « dummies », également mis à notre disposition durant l’évènement.



Budget - Mercedes Classe C Berline
Prix Mercedes C électrique (2026)
Lancée uniquement en 400 4MATIC, cette première Classe C électrique de la lignée démarre à partir de 67.034 € en version « de base ». Elle est aussi proposée en Business Line à 70.059 € et AMG Line à 73.447 €. Sa principale rivale européenne n’est autre que la BMW i3, dont le prix de lancement en 50 xDrive First Edition débute à 73.435 €. Mais BMW a déjà confirmé que le prix d’une BMW i3 50 xDrive « de base » serait fixé à 64.000 € à l’automne 2026.
Versions plus « abordables » à venir
Si on n’est pas pressé par le temps, on pourra tout de même attendre un peu. D’autres exécutions moins « sportives » sont annoncées tout en offrant encore des performances largement suffisantes. Comme le GLC électrique avant lui, la Classe C va, en effet, aussi arriver en versions 250 et 300 4MATIC équipées d’une batterie de 85 kWh.
Verdict - Mercedes Classe C Berline
La Mercedes Classe C électrique s’apprécie davantage en roulant à son bord qu’en détaillant seulement sa fiche technique (ou en l’observant…). Certaines concurrentes avancent, certes, des caractéristiques chiffrées un peu plus percutantes et/ou des styles plus originaux ou subtils. Mais la rigueur de sa mise au point, tant au niveau du confort offert que du maintien de caisse ou de l’efficacité de ses systèmes électroniques en font une vraie Mercedes. Ce qui, forcément, se paie aussi par rapport à de jeunes blasons plus exotiques sensiblement plus agressifs côté tarif. Mais la valeur de revente devrait tout de même aider cette berline allemande à les surclasser sur le marché des voitures de société. En revanche, l’épine dans la chaussure de cette Classe C électrique devrait se nommer… BMW i3. Le match Classe C / Série 3 va, en tout cas, se poursuivre à l’ère électrique.













