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Essai : Mazda CX-6e (2026), métissage contrôlé ?

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Mazda CX-6e 2026 : Essai, Prix, Configuration

Essai : Mazda CX-6e (2026), métissage contrôlé ?

Après sa berline électrique 6e élaborée avec son partenaire chinois, Mazda lance ce SUV CX-6e né du même mariage. Mais ce modèle asiatique métissé promet, en sus, un accent européen plus marqué dans l’équation. Pour une naissance finalement heureuse ?

Écrit par Jean-Francois Christiaens

9 Septembre 2026

Design

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Expérience

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Conduite

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Budget

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Après avoir tenté l’aventure seul avec son atypique MX-30 au succès très relatif (pour manier l’euphémisme), Mazda a décidé de poursuivre son offensive électrique avec un second modèle « métissé » marchant dans les traces de sa récente berline sino-japonaise 6e aux ventes nettement plus encourageantes. Sous la robe de ce SUV familial CX-6e japonais se cache donc à nouveau une base technique chinoise développée avec Changan. Mais son design et la mise au point de son châssis ont bénéficié d’une implication plus marquée des équipes européennes. Un intriguant cocktail auquel nous venons de goûter sur les routes allemandes.

Design - Mazda CX-6e

Athlétique et sculptée par le vent

Le processus de séduction d’un nouveau modèle, a fortiori d’un SUV, passe souvent par le coup de foudre au premier regard. Et dans ce domaine, la Mazda CX-6e pourrait ne pas laisser sa part au chat. En tout cas, elle possède une vraie personnalité esthétique. Ce qui la distingue, notamment, de nombreux autres SUV asiatiques à l’allure anonyme qu’on voit poindre sur le marché actuellement. Pour éviter de tomber dans le piège du SUV électrique générique, le CX-6e peut compter sur sa proue qui adopte une interprétation lumineuse de la fameuse « wing » de Mazda. Son capot est également traversé par le vent grâce à une originale découpe aiguisant son style tout en affinant son coefficient de traînée. Un travail esthético-aérodynamique également offert aux montants D, flottants, qui apparaissent également assez originaux. En outre, les surfaces latérales sont travaillées avec des arêtes franches et la poupe est traitée façon coupé (tout comme les vitres sans encadrement).

Dessin européen

Bref, même à l’arrêt, cette CX-6e semble vouloir avancer. On appréciera d’autant plus ce dessin qu’il a été largement piloté depuis le studio européen de Mazda à Oberursel, en Allemagne. Une petite victoire locale, quelque part, puisque le centre de design européen est dirigé, pour rappel, par le Belge Jo Stenuit.

Format généreux

Côté dimensions, avec ses 4,85 m de long, 1,94 m de large et seulement 1,62 m de haut, la Mazda CX-6e affiche des proportions plutôt élancées pour un SUV de ce gabarit. Elle est un peu plus courte que sa berline de sœur 6e (4,92 m) en raison d’une poupe plus ramassée, tout en conservant l’empattement généreux de 2,90 m. Mais pour se donner un ordre de grandeur par rapport à la concurrence, relevons que cette CX-6e joue dans la même cour que le Mercedes GLC électrique (4,85 m) et devance même d’une tête les Volvo EX60 (4,80 m) et BMW iX3 (4,78 m) du côté des blasons premium 800 volts qui entendent s’accaparer les ventes fleet du moment. Et si on regarde du côté généraliste, ce CX-6e se présente donc comme un SUV encore plus long que les Peugeot e-5008 (4,79 m) ; Kia EV5 (4,61 m) ou encore même Skoda Enyaq (4,66 m). En fait, on ne dirait pas comme ça en le voyant de profil, mais ce CX-6e est quasiment aussi long que le nouveau SUV électrique 7 places de Skoda, le Peaq (4,87 m) !

Rétroviseurs numériques

Pour rendre la structure de gamme aussi simple que possible (et donc réduire au maximum les coûts pour compresser le prix de vente), Mazda ne se contente pas de proposer un unique groupe motopropulseur dans les entrailles de son SUV (on y reviendra). Sa gamme se limite également à deux niveaux de finition : Takumi et Takumi Plus. Le premier se reconnaît notamment à ses jantes de 19 pouces et ses rétroviseurs latéraux conventionnels. Le second passe aux plus impressionnantes jantes de 21 pouces, s’offre une banquette arrière chauffante et ventilée ainsi que quelques raffinements supplémentaires (comme une bande LED configurable qui traverse le tableau de bord). Mais cette version de pointe ajoute surtout dans l’équation des rétroviseurs extérieurs numériques qui donnent une petite touche « high-tech » au CX-6e. Les images sont retransmises sur deux écrans OLED implantés dans les portes. Dans la pratique, on s’y habituera assez vite. Mais si on roule en calant son coude gauche sur la portière, par exemple, on aura toujours son avant-bras dans le chemin au moment de vérifier qu’aucune voiture n’est en approche si on veut entamer un dépassement.

Choix discutable…

Au-delà de ce petit détail, on notera tout de même que la ligne Takumi Plus impose surtout un choix esthétique qui pourrait être assez… controversé. Son habitacle adopte, en effet, obligatoirement une association Maztex Amethyst et White. Concrètement, on sera donc obligé de repartir avec un intérieur aubergine / beige (oui, même si on commande l’extérieur en rouge). Une particularité qui ne plaira certainement pas à tous les clients, notamment dans le monde fleet visé par ce SUV électrique où la « neutralité » est souvent imposée par les gestionnaires de flotte. Mais bon, la Takumi, elle, laisse le choix entre un intérieur noir ou beige.

SUV électrique Lynk & Co devant un bâtiment moderne, design élégant et futuriste. Logo Mazda sur hayon arrière gris, vue rapprochée, design moderne et élégant. Intérieur de voiture moderne avec écran de rétrovision numérique intégré au tableau de bord.
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Expérience - Mazda CX-6e

Tout à l'écran…

À bord, la CX-6e fait immédiatement aussi son petit effet. Impossible de passer à côté de son gigantesque écran panoramique de 26 pouces qui traverse toute la planche de bord. Le genre de dispositif qui provoque inévitablement un petit « waouh » ou « pouah » en fonction de son niveau de perméabilité aux nouvelles technologies. Mais passé cet effet de nouveauté, on déplore rapidement le côté omnipotent de cet imposant écran… De ce côté, on retrouve clairement une philosophie très « à la chinoise » dans l’approche de l’ergonomie. Tout passe par cette dalle tactile. Réglage des rétroviseurs, climatisation, activation des antibrouillards, statistiques de conduite, intensité de la récupération d’énergie, etc. Alors bien sûr, avec un peu d’habitude on finira (peut-être…) par savoir où trouver la fonction qu’on cherche. Mais il faudra quand même toujours effectuer plusieurs manipulations en quittant la route des yeux pour y arriver…

… mais plus les essuie-glaces !

Heureusement, le SUV CX-6e corrige au moins une des bizarreries rencontrées sur la berline 6e. On retrouve, cette fois, un véritable commodo pour commander les essuie-glaces. Alléluia ! Sur la berline, même une simple averse pouvait, en effet, vous obliger à jouer avec l’écran pour moduler la vitesse des raclettes de votre pare-brise ! Mais n’est-ce pas un peu… pathétique que de devoir se réjouir du retour d’une fonction aussi banale que la commande des essuie-glaces ?

XXL… mais pourquoi faire ?

Quand on glisse du siège conducteur vers le siège passager avant, une autre question existentielle arrive vite : pourquoi diable avoir opté pour un si grand écran… pour ne finalement presque rien permettre de commander du côté droit ? Car si au premier coup d’œil, ce fameux écran de 26 pouces donne l’impression qu’il va être pratique à l’usage pour le passager, dans les faits, toute sa surface n’est pas réellement exploitable. La partie située devant le passager donne surtout une impression de démesure… inutile. On aimerait pouvoir y afficher librement les différents menus en grand. Bref, profiter réellement de cette surface pour jongler avec la tablette sans déranger le conducteur qui veut juste continuer à suivre sa carte de navigation en paix. Mais ce n’est visiblement pas le cas…

Finition soignée

Pour le reste, ne boudons pas notre plaisir. Mazda a clairement soigné la présentation intérieure de son SUV électrique. Les matériaux sont agréables au toucher, l’assemblage est sérieux et l’ambiance générale est assez lumineuse grâce au grand toit vitré panoramique offert en série (mais inutile de vous préciser où il faut trouver la fonction pour ouvrir le pare-soleil… vous l’aurez certainement compris). Globalement, l’équipement est, en outre, particulièrement généreux : affichage tête haute, connectivité Apple CarPlay et Android Auto sans fil, aides à la conduite nombreuses (et pas trop mal calibrées), système audio avec haut-parleurs intégrés dans les appuie-têtes, etc.

Façon « limousine chinoise »

On appréciera aussi à l’usage l’habitabilité de ce SUV électrique. Avec son long empattement, la Mazda CX-6e offre, en effet, beaucoup de place à ses passagers arrière. Ces derniers peuvent, en outre, aussi jouir de sièges chauffants et ventilés, on l’a dit, en Takumi Plus. On voit que, comme son pendant chinois, ce SUV électrique entend séduire ses clients en mettant en avant un espace habitable façon limousine à l’arrière. C’est une caractéristique très appréciée des clients en Chine.

Rapport encombrement / coffre décevant ?

Mais forcément, cette générosité accordée à l’espace habitacle couplée à une poupe fuyante pénalise le volume de coffre. Sous le hayon, on ne profite « que » de 468 l. Dans l’absolu, cela permet déjà de quoi voir venir au quotidien. Mais si on se rappelle que ce SUV est aussi long que le Skoda Peaq qui libère… 989 l de coffre, on pourrait légitimement être déçu ! Notons tout de même que Mazda ajoute un véritable frunk de 80 l sous le capot avant de son CX-6e. Il est très profond et permet donc de ranger bien plus que les câbles de recharge. On peut aussi y glisser une petite valise en cas de besoin.

Intérieur moderne de voiture électrique avec tableau de bord numérique et sièges élégants. Écran tactile géant intérieur de voiture électrique moderne, affichant les commandes et applications. Intérieur de voiture moderne, sièges arrière en cuir violet avec appuie-tête blancs, design élégant. Coffre spacieux de la Lexus RZ avec sièges arrières rabattus pour un espace cargo optimal.
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Conduite - Mazda CX-6e

Choix unique…

On l’a écrit : pas question de multiplier les variantes. La Mazda CX-6e est proposée avec une seule chaîne cinématique. En l’occurrence un moteur électrique synchrone installé sur l’essieu arrière développant 190 kW (258 ch) et 290 Nm. Un module, raisonnablement dimensionné, qui est alimenté par une batterie LFP de 78 kWh (364 V) autorisant une autonomie WLTP de 484 km et un pic de charge en courant continu de 200 kW. Le chargeur embarqué accepte, quant à lui, jusqu’à 11 kW en courant alternatif triphasé.

… et raisonnable

Autrement dit : ce SUV électrique ne se lance pas dans une course à l’armement, ni en puissance ni en capacité de stockage ni en rapidité de recharge. Mais avec un 0 à 100 km/h couvert en 7,9 s (ou 8,1 s en 21 pouces), une vitesse maximale limitée à 185 km/h, une autonomie réelle de plus de 400 km et un temps d’immobilisation de 24 minutes pour récupérer de 10 à 80 % de charge, il semble viser juste dans le cœur du segment.

Une vraie Mazda ?

Mais au-delà des chiffres, c’est évidemment derrière le volant que l’on attendait cette CX-6e au tournant. Car si la base technique est issue de la collaboration avec Changan, Mazda promettait une mise au point spécifiquement adaptée aux goûts européens. Et pour ça, il n’y a pas à être déçu. La CX-6e possède cette petite touche Mazda qui fait qu’on ne se contente pas de tourner le volant et d'appuyer sur l’accélérateur comme avec d’autres SUV électriques anonymes. Bon, on n’égale pas la précision référentielle des commandes de « bonnes vieilles » Mazda thermiques de la grande époque. Mais pour un SUV électrique, elles sont plutôt correctement calibrées. Et l’agilité générale du modèle reste assez conforme au style sportif affiché par sa robe extérieure.

Ferme, mais efficace

Le revers de cette mise au point dynamique « à l’européenne » est que la CX-6e n’est pas la plus moelleuse des voitures électriques. L’amortissement est plutôt ferme, autant le savoir. En conduite soutenue, la caisse est bien tenue, les mouvements sont contenus et le SUV conserve une belle stabilité à vitesse élevée puisqu’on a aussi eu l’occasion d’aller titiller de l’Autobahn. Mais sur les petites déformations urbaines et les raccords plus secs, le confort devient parfois moins convaincant en raison d’un amortissement assez figé. Et avec les grandes jantes de 21 pouces de la Takumi Plus, le filtrage peut même devenir franchement cassant à basse vitesse. La monte de 19 pouces de la Takumi nous paraît donc être le choix le plus raisonnable (même si on ne peut pas en être totalement certain, vu que notre Takumi d’essai était aussi chaussée des jantes de 21 pouces optionnelles…).

Silencieuse, même à haute vitesse

En plus de son comportement stable aux plus hautes vitesses, on a aussi apprécié le silence de fonctionnement de cette CX-6e. En découvrant ses vitres latérales sans encadrement, pour le style, on avait craint que les bruits aérodynamiques ne viennent perturber la quiétude de l’habitacle aux vitesses autoroutières. Ce n’est pas le cas. Même lorsqu’on dépasse allègrement les limitations habituelles sur les portions allemandes sans restriction, le SUV conserve une belle sérénité. En tout cas avec les rétroviseurs caméras profilés de la Takumi Plus, on n’a pas eu l’occasion de rouler aussi vite avec la « simple » Takumi aux rétroviseurs classiques.

Quelle autonomie réelle pour la Mazda CX-6e ?

Lors de notre prise en main, la consommation s’est établie autour des 16 à 19 kWh/100 km en fonction du parcours. Des valeurs assez encourageantes, donc, qui permettent d’espérer couvrir plus de 400 km sans stress avec les 78 kWh stockés dans la batterie.

SUV électrique Lexus roulant en ville, vu de l'arrière, avec design moderne. Voiture électrique de luxe argentée roulant devant un bâtiment moderne. Rétroviseur extérieur Hyundai Ioniq 6 avec caméra intégrée sur carrosserie blanche.
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Budget - Mazda CX-6e

Prix Mazda CX-6e 2026

En optant pour une gamme simple et en profitant de son partenariat chinois, Mazda permet de présenter une grille tarifaire assez concurrentielle pour son SUV électrique. La CX-6e démarre en Belgique à 46.290 € en finition Takumi. On l’a dit, cette version dispose déjà d’une dotation particulièrement complète, avec notamment les jantes de 19 pouces, le toit panoramique, l’affichage tête haute, la connectivité sans fil et un arsenal complet d’aides à la conduite.

La Takumi Plus réclame 49.290 €. Elle ajoute les jantes de 21 pouces, les rétroviseurs extérieurs numériques, le rétroviseur intérieur numérique ainsi que les sièges arrière chauffants et ventilés. Elle impose en revanche cette fameuse sellerie bicolore Amethyst et White.

Dans les deux cas, le rapport prix/équipement apparaît tout de même intéressant pour un SUV électrique de 4,85 m de long et de 258 ch. Les options sont rares, mais on notera tout de même des peintures métallisées proposées à 900, 1.100 ou 1.200 € (seul le blanc, également métallisé, est offert en série) ainsi qu’un crochet d’attelage escamotable électriquement à 1.600 € (1.500 kg de masse remorquable autorisée).

Verdict - Mazda CX-6e

Avec cette CX-6e, Mazda ajoute un SUV électrique séduisant dans sa gamme. Son style moderne et athlétique lui permet de sortir du lot, son habitabilité est généreuse et son agrément de conduite convaincant, comme promis. Le rapport prix/équipement se veut également bien placé. Reste une épine dans le pied : l’ergonomie du poste de conduite. Cette CX-6e reste adepte de la philosophie « tout à l’écran » qui pourra rapidement exaspérer à l’usage. Dommage, car derrière cette interface inutilement complexe se cache finalement une offre assez cohérente.

Jean-Francois
							Christiaens

Jean-Francois Christiaens

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