Renault a réussi à faire renaître la Twingo en version électrique pour un prix contenu. Mais pour y arriver, l’équipe de développement a dû suivre la méthode « chinoise accélérée » de développement et se contenter de solutions techniques simples. Derrière son joli minois rétro, cette Twingo est-elle alors finalement une voiture au rabais ? Non (pas de trop) : après quelques centaines de kilomètres repassées à son volant en conduite quotidienne, on confirme notre première bonne impression. Cette nouvelle Twingo n'impressionne, certes, pas par ses chiffres techniques sur papier. Mais elle reste une voiture à vivre… dans la vraie vie ! Comme son illustre aïeule.
Les qualités de la Renault Twingo E-Tech
1. Une vraie Twingo pratique… à 5 portes !
Cette quatrième génération de Twingo ne renoue pas seulement avec le look de la première du nom. Elle s’inspire aussi de ce qui faisait tout le charme des premières Twingo : leur intelligence pratique. Car si la silhouette fait évidemment un clin d'œil appuyé au modèle de 1993, la modularité de l'habitacle suit la même filiation. On dispose de sièges arrière coulissants sur 17 cm (mais indépendants ici, et plus en une seule banquette) mais aussi d’un dossier avant repliable. Bref, c’est à nouveau la Twingo familiale qu’on prendra, comme dans les 90’, pour aller chercher en urgence le nouveau lave-vaisselle qui doit remplacer celui qui vient de rendre l’âme !
Au-delà du clin d’œil, notons qu’on dispose de quatre vraies places confortables, d’un coffre pratique et modulable au regard de l’encombrement extérieur. Mais, en plus, maintenant on profite aussi de 5 portes ! Et ça, avec des enfants, ça change la vie quand même… Bref, c’est une vraie Twingo pratique, mais encore plus familiale.



2. Citadine brillante, mais pas uniquement
Contrairement à certaines électriques qui semblent persuadées qu'il faut obligatoirement catapulter leurs occupants au feu vert pour les séduire, la Twingo se contente d’un modeste moteur de 60 kW / 82 ch. Et, c’est vrai, qu’elle ne collera personne au siège dans l’effort… Mais, en revanche, elle séduit par son homogénéité pour une citadine. Les rares concurrentes électriques à tirer sous la barre des 20.000 € ne peuvent pas toujours en dire autant. Car si, forcément, en ville, elle se faufile partout, la Twingo reste agréable à conduire aussi en-dehors des centres urbains. Les suspensions restent assez confortables, la direction communicative et le maintien de caisse efficace. Bref, elle aussi sympa à conduire qu’à regarder.

3. Un prix « abordable »… dès maintenant !
Avec sa Twingo, Renault ne se contente pas de promettre une citadine électrique dont la (future) version de base sera (certainement) proposée à moins de 20.000 €. Avec un prix de départ fixé à 19.500 €, la Twingo devient l'une des propositions les plus accessibles du marché « dès maintenant », sans tomber dans le format « voiturette ». Certes, la recharge rapide en courant continu réclame un petit supplément. Mais même en ajoutant le pack « Advanced Charge » à 490 €, on reste (de justesse) sous le prix pivot de 20.000 € à partir de la version de base Evolution qui offre déjà un équipement de série plus que décent. Mais même si on « craque » pour la version plus haut de gamme Techno, la facture ne s’envole pas de trop (21.300 €), contrairement à l’équipement de série (système multimédia OpenR Link avec Google intégré, régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop & Go, climatisation automatique, conduite « One Pedal », caméra de recul, dossier de siège passager avant rabattable, etc).


4. Une batterie modeste... mais la consommation aussi !
À première vue, les 27,5 kWh utiles de sa batterie peuvent faire sourire en 2026. Mais dans la réalité, ils suffisent souvent pour que la Twingo remplisse sa mission ! Lors de notre essai, la consommation s'est régulièrement établie entre 9 et 12 kWh/100 km en circulation urbaine. Résultat : parcourir près de 250 km avant de devoir recharger est loin d'être irréaliste. Mais même sur un parcours mixte, on peut encore tabler sur environ 200 km. Certes, un trajet essentiellement autoroutier ramènera vite le rayon d’action plutôt vers les 150 km en gardant un peu de marge, ce qui limite la polyvalence de la Twingo réinventée à l’ère électrique alors que la Twingo thermique permettait d’envisager aussi un trajet Bruxelles-Marseille, si on en avait le courage, sans problème. Mais la Twingo électrique couvrira tout de même encore sans difficulté une semaine complète de trajets domicile-travail, en plus des courses hebdomadaires, pour de nombreux automobilistes. Et finalement, c’est surtout qu'on lui demande, non ?

Les défauts de la Renault Twingo E-Tech
1. La batterie est seulement refroidie par air
Avec l’option Advanced Charge, on peut théoriquement charger la Twingo en courant continu jusqu’à la puissance de 50 kW. Déjà, dans l’absolu, ce n’est pas une puissance mirobolante. Mais comme la batterie est petite, on peut tout de même théoriquement récupérer de 10 à 80 % de charge en 30 minutes. Mais comme la batterie est refroidie seulement par air et non par liquide comme pour la majorité des autres modèles électriques récents, l'électronique peut réduire la puissance acceptée pour éviter la surchauffe. Au quotidien, quand on charge sa voiture en courant alternatif, cela n’aura pas vraiment de grande conséquence. En revanche, si on tente tout de même de longs trajets autoroutiers en période estivale en comptant sur plusieurs petites pauses en charge rapide, le périple pourrait progressivement s’allonger. Et l’arrivée au bar de l’hôtel d’autant se retarder…

2. Les enfants n'ont pas participé aux essais ?
C’est un détail qui peut paraître anecdotique... jusqu'au moment où l'on installe un rehausseur : les appuie-tête arrière ne sont pas réglables en hauteur. Résultat, en fonction de leur taille, certains enfants peuvent se retrouver installés dans une position loin d'être idéale. Il faut soit composer avec l’appuie-tête un peu trop haut et gênant, soit l’enlever carrément… C'est dommage, surtout pour une voiture qui fait autant d'efforts pour séduire les familles !

3. Les économies sautent, parfois, un peu trop aux yeux
Difficile de vendre une électrique sous les 20.000 € sans faire quelques économies. Et si, globalement, la Twingo présente assez bien, quelques détails trahissent tout de même la réalité économique derrière son équation. Comme la plage arrière souple, qui non seulement ne respire pas vraiment la qualité mais qui, en plus, doit être accrochée avec des élastiques et… est facturée en supplément. L'accoudoir central optionnel paraît, aussi, un peu léger et « bouge » clairement quand on veut appuyer son coude dessus. Certes, on oublie assez vite ces détails à l’usage tant l'ensemble donne le sourire. Mais tout de même, si on oublie le côté électrique une minute, on parle tout de même d’une citadine à 20.000 €…


















