Après avoir été temporairement orpheline de sa déclinaison hybride rechargeable, l'Audi A3 a profité de son facelift de 2024 pour remettre sa motorisation électrifiée au cœur de son catalogue. Et doublement, d’ailleurs. Car si la silhouette Berline de l’A3 n’est pas proposée en variante hybride rechargeable, les clients peuvent tout de même choisir entre sa version A3 Sportback TFSI e à hayon classique et son inédite variante surélevée baptisée A3 allstreet TFSI e. Dans les deux cas, cette A3 plug-in s'adresse aux conducteurs qui souhaitent conjuguer prestige allemand et mobilité électrifiée au quotidien tout en conservant la polyvalence d'un moteur thermique pour les longs trajets. Au sein de son groupe, elle se pose en alternative premium face à la Cupra Leon e-Hybrid ou la Volkswagen Golf eHybrid. Au niveau des autres blasons premium, cette A3 hybride rechargeable affronte la Mercedes Classe A 250 e voire les BMW X1 PHEV et DS N°4 Plug-In Hybrid dans sa silhouette allstreet.
Design - Audi A3
Lignes classiques
L'Audi A3 Sportback 2024 conserve les lignes épurées qui ont fait le succès du modèle et qui vieillissent plutôt bien. La silhouette reste classique pour une compacte premium, avec en guise d’accroche la calandre Singleframe caractéristique de la marque aux anneaux. Les proportions moyennes — 4,35 m de long, 1,82 m de large et 1,44 m de haut — permettent de se faufiler aisément dans le trafic et de se garer sans difficulté. Si on opte pour la nouvelle version « crossoverisée », allstreet, on repart avec une voiture perchée 3 cm plus haut et affichant un look davantage typé SUV grâce à des boucliers spécifiques, une calandre spéciale et des passages de roues plus prononcés.
Cocon premium et soigné
À bord, Audi démontre son savoir-faire en matière de finition. La majorité des plastiques « décevants » de la dernière génération d’A3 ont heureusement disparu lors du restylage de 2024. Globalement les matériaux utilisés respirent maintenant à nouveau la qualité : plastiques moussés sur le haut de la planche de bord, assemblages précis et commandes au toucher agréable. Le conducteur fait face au cockpit virtuel numérique, désormais incontournable chez Audi et de série sur les A3 Sportback et allstreet.
La position de conduite se règle facilement et convient à la plupart des gabarits. Le volant tombe bien en main et les zones directes prévues pour régler la climatisation restent ergonomiques à l’usage.



Expérience - Audi A3
MMI navigation Plus
Le millésime 2024 se démarque par une dotation de série plus généreuse que par le passé. Au niveau de l’info-divertissement, l’A3 se dote par exemple d’un virtual cockpit ainsi que d’un écran central de 10,1 pouces en série avec le MMI navigation Plus. Un écran sur lequel il est désormais possible d’installer des applications tierces comme Spotify ou encore Tidal. Plus globalement, la navigation est fluide, les menus logiquement organisés et la compatibilité Apple CarPlay et Android Auto sans fil facilite l'intégration de tous les smartphones. L’écran n’est, ici, pas aussi grand qu’à bord de certaines rivales plus récentes. Mais franchement, est-ce vraiment utile ?
Coffre raboté
Sur le plan de l’habitabilité, les A3 Sportback et allstreet TFSI e ne déçoivent pas. À l'avant, l'espace ne pose aucun problème et deux adultes voyagent confortablement. À l'arrière, la situation se corse légèrement. La garde au toit reste correcte, mais l'espace aux jambes se révèle un peu juste derrière un conducteur de grande taille. Pour une famille avec enfants, l'A3 convient parfaitement. Mais si c’est pour transporter régulièrement trois adultes à l'arrière, mieux vaut envisager un modèle plus grand.
Mais c’est finalement plutôt du côté du coffre que le volume proposé pourra rapidement montrer ses limites à l’usage. La généreuse batterie haute tension des versions hybrides rechargeables grignote, en effet, une partie du volume utile. En l’occurrence 100 l par rapport aux A3 Sportback thermiques. Pour les courses hebdomadaires ou un week-end à deux, cela suffit. Pour les vacances familiales, prévoyez un coffre de toit car le coffre n’affiche plus que 280 litres…
Confort
Le confort d’amortissement représente, en revanche, l'un des points forts de l'A3. Les suspensions filtrent correctement les irrégularités des routes belges, même si le poids supérieur de la version PHEV a réclamé une adaptation des réglages. Notons tout de même que la ligne S Line se campe sur une suspension sport, plus ferme et plus basse (-15 mm), qui ne plaira pas à tous. L'insonorisation se situe, quant à elle, aussi à un bon niveau pour la catégorie. En mode électrique, le silence de fonctionnement se montre très agréable. Mais même lorsque le moteur thermique se réveille, il sait aussi se faire discret, sauf en cas de forte sollicitation.



Conduite - Audi A3
1.5 l Evo 2
Pour sa dernière évolution mécanique, l’Audi A3 Sportback TFSI e articule sa chaîne cinématique hybride autour d’un nouveau moteur thermique. Le bloc 1.4 l TFSI utilisé sur la précédente version a cédé sa place au 1.5 l TFSI Evo 2 plus récent du groupe Volkswagen. Ce moteur dispose de nombreuses technologies de pointe pour atteindre un taux de compression plus élevé (11,5:1 contre 10:1 pour le précédent 1.4 TFSI) ou encore une injection à plus haute pression (jusqu'à 350 bar contre 200 bar pour le 1.4 TFSI). De quoi augmenter son rendement.
Puissance au choix
Ce moteur thermique est proposé en deux niveaux de puissance sur l’A3 Sportback TFSI e : 110 kW (150 ch) sur la majorité des versions ou 130 kW (177 ch) dans le cas de la variante siglée dorénavant « Competition ». Le moteur électrique utilisé développe, quant à lui, toujours 85 kW et 330 Nm dans tous les cas. Ce moteur électrique reste intégré, comme c’était le cas sur la précédente génération, dans le carter de la boîte de vitesses à double embrayage S tronic à 6 rapports. L’ensemble anime toujours exclusivement les roues antérieures. La puissance totale du système atteint 150 kW (204 ch) et 350 Nm pour les versions « normales ». L’A3 Sportback TFSI e Competition pousse, de son côté, le curseur jusqu’à 200 kW (272 ch) et 400 Nm.
Autonomie et recharge Audi A3 TFSI e
Mais au-delà des évolutions apportées au moteur, c’est surtout le changement de batterie qui propulse le millésime 2024 de l’Audi A3 hybride rechargeable vers d’autres sphères. Sa batterie a quasiment doublé de capacité. Elle atteint dorénavant 25,7 kWh (19,7 kWh nets). Ce qui autorise une autonomie électrique WLTP référentielle pour le segment allant jusqu’à 142 km.
Dans la pratique, difficile d’atteindre ces chiffres en conduite réelle. Mais on peut tout de même rouler entre 100 et 130 km entre deux recharges en fonction du style de conduite adopté et de la température extérieure. Cela laisse déjà de quoi couvrir de nombreux déplacements sans consommer la moindre goutte de carburant.
D’autant plus que la recharge en courant alternatif peut monter jusqu'à 11 kW. En environ 2h30 sur une borne adaptée, on est prêt pour repartir chargé à bloc. En outre, on peut aussi recharger en courant continu jusqu'à la puissance de 50 kW sur les bornes rapides. Il ne faut alors environ que 26 minutes pour récupérer 80 % d’autonomie.
Couple instantané…
En conduite mixte, l'A3 TFSI e dévoile son meilleur visage. Le couple instantané du moteur électrique facilite les démarrages et rend l'A3 silencieuse et réactive. En cas de besoin, le système hybride gère assez intelligemment la répartition entre moteur thermique et électrique. La puissance combinée de 204 ch suffit amplement dans toutes les situations. Avec une accélération de 0 à 100 km/h couverte en 7,4 s, les performances sont, en effet, toujours au rendez-vous pour un usage familial. Seuls les plus exigeants lorgneront vers la version Competition de 200 kW (272 ch). Le 0 à 100 km/h baisse alors en 6,3 s.
… et conduite équilibrée
En route, la plateforme MQB evo offre un comportement routier équilibré. Le châssis inspire confiance et la direction se montre précise. Certes, le poids plus élevé imposé par la grosse batterie se ressent tout de même légèrement dans les enchaînements par rapport à une A3 thermique. Mais l’Audi compacte conserve une agilité appréciable pour une hybride rechargeable.



Budget - Audi A3
Prix de l’Audi A3 allstreet TFSI e en 2026
Si on craque pour son style tirant vers l’univers du SUV, notons que la déclinaison allstreet n’est proposée, de son côté, qu’en une seule ligne et avec la seule motorisation de 150 kW (204 ch). Son prix catalogue est fixé, en 2026, à 47.550 €. Si on le souhaite, on peut toutefois lui ajouter plusieurs packs ou options à sa guise. Le pack Business est, par exemple, facturé 2.200 €.
Équipement de série
Mais dès l'entrée de gamme, toutes les A3 TFSI e proposent le cockpit virtuel, l'écran MMI tactile, la climatisation automatique et les principales aides à la conduite. Un niveau d'équipement correct donc (mais pas sans petite mesquinerie, comme l’absence de régulateur de vitesse par exemple) qui évite de multiplier les options. Les « petits extras » technologiques imposent toutefois de cocher des suppléments qui peuvent progressivement faire gonfler la note.
Coûts d'utilisation
Pour les conducteurs qui rechargent régulièrement, la consommation réelle d’essence peut descendre assez facilement sous les 2 l/100 km. Mais sinon, il faut compter environ 6 l/100 km si on roule plus souvent en mode thermique.
Avec le dernier protocole d’homologation en vigueur, l'Audi A3 TFSI e affiche des émissions de CO2 démarrant de 25 à 31 g/km en Sportback et de 26 à 31 g/km en allstreet.
Il faut, en revanche, se contenter de la simple garantie légale de 2 ans sans limite de kilomètres (8 ans / 160 000 km sur la batterie haute tension). Mais des extensions de garantie sont proposées en supplément si on le souhaite.
Verdict - Audi A3
L'Audi A3 TFSI e réussit son pari : proposer une compacte premium électrifiée sans compromis majeur sur le confort ou la qualité. Face à la concurrence, elle se distingue par sa finition soignée, son comportement routier équilibré et son autonomie électrique généreuse. Un choix rationnel pour ceux qui souhaitent rouler sans émission au quotidien mais sans encore avoir l’envie de basculer vers la mobilité électrique pure.
















